Charlotte de Vilmorin : une aventurière en fauteuil

À 24 ans, elle vient de créer une petite entreprise et publie un livre où elle raconte avec humour ses deux ans passés dans une agence de publicité.

À propos de l'article

  • Créé le 19/05/2015
  • Publié par :Sabine Harreau
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6912, du 21 mai 2015

Des yeux rieurs, un visage de madone et un corps bloqué dans un fauteuil roulant. Charlotte de Vilmorin ne se considère pas comme une personne handicapée. Elle glisse seulement :

J’ai une maladie au nom grec imprononçable qui s’apparente à une myopathie. 

Aujourd’hui, la jeune femme vient de lancer sa start-up, Wheeliz, spécialisée dans l’autopartage. Elle met en lien des propriétaires de véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite avec ceux, handicapés ou valides, qui cherchent à les louer.

Vidéo. Charlotte de Vilmorin (Wheeliz) : « Une solution pour les salariés en fauteuil roulant ». France Info.

 
Charlotte de Vilmorin (Wheeliz) : "Une solution... par FranceInfo


La jeune femme ne s’est pas investie par hasard dans ce domaine. Depuis son adolescence, elle a souvent « galéré » pour circuler.

Avec un humour décapant elle le raconte dans : Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque.

Au fil des chapitres, elle dévoile les contraintes de dépendre des autres dans les actes du quotidien, et une capacité étonnante à surmonter ces épreuves. Un état d’esprit lié à son éducation :

Je n’ai pas été surprotégée par mes parents. Ils m’ont élevée comme mon frère et ma sœur. 

Après des études en communication, la jeune femme est embauchée dans une agence de publicité. Dans son ouvrage, elle relate certaines mésaventures : son bureau inadapté à son fauteuil, l’ascenseur dans lequel elle se retrouve plusieurs fois prisonnière, ne pouvant atteindre les boutons.

Elle raconte aussi ses démêlés avec des chauffeurs de bus. Quand ils ne refusent pas de la faire monter, la laissant en plan sous la pluie, c’est à elle de leur expliquer comment activer la palette rétractable de leur véhicule pour qu’elle puisse grimper avec son fauteuil.

Le handicap fait peur

Face à elle, les enfants sont spontanés. Avec un sourire espiègle, Charlotte raconte :

En voyant mon fauteuil, un petit garçon s’est écrié : “Je veux le même” devant ses parents très gênés.

« Les réactions sont rarement neutres, reprend la jeune femme. Soit trop gentilles, soit désagréables. » Ainsi dans une gare où elle demandait à passer en priorité dans un ascenseur, une femme lui a lancé : « Ce n’est pas parce que vous êtes handicapée qu’il faut vous croire tout permis ! » Charlotte ne s’en formalise pas : « Certains ont peur du handicap qui leur renvoie une image négative. »

Avant d’écrire son livre, la jeune femme avait déjà raconté ses aventures sur un blog : Wheelcome. Aujourd’hui, elle a quitté la publicité pour créer son entreprise. Chez elle, déjà, elle emploie une équipe de six étudiantes qui se relaie pour l’aider.

« On partage des tranches de vie, c’est presque comme une colocation », confie-t-elle. À ceux qui s’étonneraient de sa joie de vivre et de son dynamisme, elle répond : « Je comprends que cela puisse paraître fou, mais il y a tant de choses positives dans ma vie ! Me sentir malheureuse ne changerait rien. »


A lire

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Ne dites pas à ma mère que je suis handicapée, elle me croit trapéziste dans un cirque, de Charlotte de Vilmorin, Éd. Grasset, 208 p. ; 16 € 

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Paru le 6 décembre 2018

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