Le film "Je m'appelle Bernadette" porte un regard neuf sur la sainte

Projeté à Lourdes cet été, le film Je m'appelle Bernadette, de Jean Sagols, bénéficie d'une sortie nationale en 2013. Il porte sur la sainte, interprétée par Katia Miran, un regard tonique et rafraîchissant.

Sur l'affiche, elle a un regard déterminé, presque buté. À hauteur de la foi qui l'anime et ne fléchira jamais. Elle, c'est Bernadette Soubirous, incarnée par la vibrante Katia Miran dans le film Je m'appelle Bernadette, de Jean Sagols. Le jeu de la jeune comédienne fait la force du film et sa singularité parmi la vingtaine de versions consacrées à la vie de la sainte.

Un nombre qui la situe, en matière d'adaptations cinématographiques, « entre Jeanne d'Arc et Thérèse de Lisieux », estime, non sans humour, Jean-Christophe Borde, journaliste à Lourdes Magazine et auteur du livre Lourdes au cinéma (Éd. NDL). Cette nouvelle évocation de la jeune Pyrénéenne la rapproche des sommets atteints par la pucelle d'Orléans. Mais son mérite est loin d'être seulement comptable...

Sagols a choisi de ne pas la figer dans sa légende, contrairement à la Bernadette de Jean Delannoy (1987), « un peu froide » à son goût. Et « qui semble, dès le début, attendre la Vierge », selon Jean-Christophe Borde.

Mais Katia Miran n'est pas non plus « hollywoodienne » à la manière de Jennifer Jones dans Le chant de Bernadette (1943), de Henry King. « Un très beau film », estiment le journaliste et le metteur en scène. Mais calibré dans un but : permettre à l'actrice de remporter l'Oscar.

Dans les salles de Lourdes
Jean Sagols a choisi une autre porte d'entrée : « Celle des sentiments, explique-t-il. Je me suis demandé comment traduire la foi de Bernadette, qui passe d'abord par son entêtement. Après tout, elle se retrouve si jeune confrontée aux pouvoirs publics, aussi bien qu'aux instances judiciaires... »

Certes, la mise en scène de Je m'appelle Bernadette est des plus classiques, mais le film porte un regard rafraîchissant sur le personnage. Dans cette optique, Je m'appelle Bernadette va peu à peu remplacer le long-métrage de Delannoy, après vingt-quatre ans de bons et loyaux services dans les salles de cinéma lourdaises.

Nul doute que la demoiselle ravira le cœœur des pèlerins dont elle croisera la route. Peut-être même son charme opérera-t-il au-delà de la communauté chrétienne. Car, comme le souligne Jean-Christophe Borde, il existe un écueil intrinsèque au film religieux. « Le genre a longtemps été problématique dans le sens où les croyants s'attachaient davantage au message qu'à la forme.

A contrario, parce qu'il traite de la foi, la critique a souvent eu des préventions à l'égard de ces films "édifiants", sans prendre le temps de les considérer. » Bernadette réussira-t-elle à réconcilier ces deux postures ? Dans l'histoire du cinéma, ce serait là une sorte de petit miracle...
De ses premières visions à la grotte de Massabielle jusqu'à sa vie de religieuse à Nevers, le film retrace le parcours de la future sainte, jeune fille simple mais volontaire, portée par sa foi.

Connu pour ses sagas télévisées (Les cœœurs brûlés, Terre indigo...), Jean Sagols, fidèle à sa patte, s'est investi avec sincérité dans ce projet qui épouse la vivacité de Bernadette.
■ Avec aussi Rufus, Francis Huster, Michel Aumont.
■ Sortie le 30 novembre 2013. A partir de 8 ans.

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Paru le 20 septembre 2018

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