Deux bourdons « spécial Bretagne »

agrandir Le bourdon « Tro Breiz », qui vient d’être conçu par Jean-François Demange.
Le bourdon « Tro Breiz », qui vient d’être conçu par Jean-François Demange. © Jean-François Demange
Le bourdon « Tro Breiz », qui vient d’être conçu par Jean-François Demange.
Le bourdon « Tro Breiz », qui vient d’être conçu par Jean-François Demange. © Jean-François Demange

Au Pays basque, Jean-François Demange sculpte des bourdons (c’est-à-dire des bâtons pour les pèlerins) depuis une vingtaine d’années. Il vient de concevoir deux bourdons « spécial Bretagne ». Gaële de La Brosse a recueilli ses propos.

Pèlerin : Vous venez de concevoir deux bourdons « spécial Bretagne ». Pouvez-vous nous les présenter ?

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Jean-François Demange : L’un est dédié au Tro Breiz, le deuxième aux Bretons qui vont rejoindre « l’autre Finistère » et la ville dédiée à saint Jacques. Ce dernier, le bourdon « Breiz », est frappé de la coquille d’argent.

Comment est née cette idée ?
J.-F. D. : Depuis vingt ans que nous avons relancé cette tradition, qui remonte au XIIe siècle, il nous arrive souvent d’envoyer des bourdons à des pèlerins bretons.

Une telle identité méritait amplement une attention particulière : en créant ces bourdons « spécial Bretagne », je n’ai fait que combler un vide. Ou plutôt réparer une injustice !

Quelle est leur symbolique particulière ?
J.-F. D. : Leur bois est le frêne, celui des lances des chevaliers. Tout en haut du pommeau trône saint Yves de Tréguier, sur un champ semé d’hermines. La poignée porte une bague ciselée de sept triskèles, qui symbolisent les Sept Saints fondateurs de la Bretagne. Sur la bague du bas sont inscrits les mots « Breiz » ou « Tro Breiz ».

Six mouchetures d’hermine finissent cette bague, évoquant les six peuples celtes : l’Ecosse, l’Irlande, l’île de Man, le Pays de Galles, la Cornouaille et la Bretagne. La Galice et quelques autres devraient figurer dans cette liste, mais ils ont perdu la langue celtique.

Vous habitez le Pays basque. En quoi la culture bretonne peut-elle donc vous concerner ?
J.-F. D. : Mon grand-père maternel, Francis Louis-Marie Nicolas, est né à Bégard, dans les Côtes-d’Armor. Chez lui, seul le breton était de mise. Dans sa classe était accrochée une pancarte : « Défense de parler breton et de cracher par terre ! » Il a peaufiné son français à Verdun. Si la destinée l’a ensuite éloigné de sa terre natale, cette pancarte lui est restée en travers du gosier jusqu’à son dernier jour… Il est né, a vécu et est mort fidèle à ses racines.

Réalisez-vous des bourdons sur mesure ?

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J.-F. D. : Oui. Un bourdon, c’est un outil pour marcher. Comme sa taille idéale est la distance menton/sol de son propriétaire, je me suis toujours refusé à éditer le bourdon au kilomètre.

Prendre son bâton pour se mettre en route étant un acte grave, chaque pièce se doit d’être unique.

Je peux aussi le personnaliser davantage en ajoutant des initiales, un blason, une date, une devise ou tout autre symbole.

Où peut-on les commander ?

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J.-F. D. : Sur mon site Internet. Mais pour adapter ce bourdon à chacun, il est préférable d’avoir un contact téléphonique. Ensuite, nous nous mettons au travail.

Nos bourdons sont fabriqués dans le respect de la tradition, avec des bois nobles, coupés en morte sève et lune descendante, séchés trois ans, tournés et polis à la main, nourris d’huile de lin et de cire d’abeille. Nous y apportons tout notre soin. Et à chaque fois qu’un bourdon quitte l’atelier, c’est un petit morceau de rêve qui part sur les chemins…

Rens. : 05 59 37 92 41 - www.bourdon-pelerin.com

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Paru le 2 août 2018

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