"The Way", le livre

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Martin Sheen et son fils Emilio Estevez. Ce dernier a écrit le premier rôle du film spécialement pour son père. © Casey Rodgers / Corbis Outline
Martin Sheen et son fils Emilio Estevez. Ce dernier a écrit le premier rôle du film spécialement pour son père.
Martin Sheen et son fils Emilio Estevez. Ce dernier a écrit le premier rôle du film spécialement pour son père. © Casey Rodgers / Corbis Outline

The Way, c’est un film, mais aussi un livre écrit par Martin Sheen et son fils Emilio Estevez. L’ouvrage vient de paraître aux éditions Bayard. Extraits.

À propos de l'article

  • Créé le 17/09/2013
  • Publié par :
  • Édité par :Estelle Couvercelle

Nous vous offrons quelques extrait de ce récit qui marque les retrouvailles d’un père et de son fils.

Les relations père-fils
Les conditions de vie que nous avions à offrir à notre fils étaient difficiles. Il ne serait pas gâté, il aurait à faire des sacrifices. Il grandirait en voyant que d'autres possédaient bien plus que lui, et se demanderait pourquoi lui n'avait pas droit à toutes ces choses. Mais nous savions qu'il sortirait grandi d'une telle expérience, qu'il pourrait même un jour en être fier. D'une certaine façon, nous avons toujours su qu'Emilio aurait la force d'affronter ce genre de vie. Nous l'emmenions partout avec nous, dans les petites salles de théâtre délabrées où Janet lui donnait le sein pendant les représentations. Nous passions aussi des moments tous les deux. Je redoutais toujours de lui donner son bain parce que le moindre contact avec l'eau le faisait hurler, mais je changeais ses couches et me promenais avec lui. Dès la naissance d'Emilio, j'ai eu l'impression de l'avoir toujours connu. Sa présence m'était incroyablement familière, comme s'il faisait partie de moi-même. En le regardant, je me disais : Alors c'est toi que j'attendais depuis toujours ! Ce qui m'étonne toujours, c'est que je n'avais jamais eu conscience d'attendre quelqu'un avant qu'il arrive. Des années plus tard, un journaliste m'a demandé pendant une interview de parler d'Emilio. « Oh, Emilio... », j'ai commencé, « je l'ai connu toute ma vie. » « Vous voulez dire, toute sa vie ? » a demandé la journaliste. « Non, vous avez bien entendu. Je l'ai connu toute ma vie. » (p. 61-62)

 

► La famille Sheen
The Way a été inspiré par un petit- fils, Taylor, dédié à un grand-père, Francisco, et créé, entre les deux, par un fils et son père, Emilio et moi. Notre communauté à nous s'étend sur quatre générations et trois continents, et nous continuons à progresser et à nous pousser les uns les autres à donner le meilleur de nous-mêmes. Mais peut-être le meilleur est-il encore à venir. Si la route qui nous attend ressemble un tant soit peu à celle que nous avons déjà parcourue - et j'ai tendance à le croire - j'accueille avec plaisir toute étape positive et toute perte douloureuse, avec un sentiment renouvelé de gratitude et de joie. (p. 385)

 

Le sac à dos du pèlerin
Je souhaitais aussi que le sac à dos soit un personnage à part entière du film. En général, les pèlerins du Camino ont une relation fascinante à cet objet. Au début, ils y mettent tout ce dont ils auront besoin, et plus encore. Après quelque temps de marche, ils commencent à l'alléger, petit à petit. On trouve dans les auberges le long du chemin une collection de chaussures, livres, cosmétiques, et autres affaires personnelles. En allégeant leur fardeau physique, les pèlerins allègent aussi leur fardeau intérieur. Mais le sac de Tom est le sac de Daniel, et il n'a aucune intention de se débarrasser de ce que Daniel a porté jusqu'à sa mort. (p. 141).

 

A Saint-Jacques-de-Compostelle
Nous arrivons sur la place de l'Obradoiro par un matin de novembre froid et couvert. Les pèlerins sont nombreux, admirant la magnificence de l'édifice roman en attendant la messe des pèlerins, célébrée chaque jour à 9 heures.
Je suis déjà venu deux fois dans cette cathédrale. Une fois en 2003 en suivant le Camino avec Matt et Taylor, et une deuxième fois cette année, le 3 août. C'était mon soixante-neuvième anniversaire et les responsables de l'église m'avaient fait l'honneur d'allumer le Botafumeiro à la fin de la messe des pèlerins.
Pesant 80 kilos et mesurant près d'un mètre cinquante, le Botafumeiro (littéralement : « expulse-fumée » en galicien) est le plus grand encensoir de la planète. Un groupe d'hommes triés sur le volet, habillés en pèlerins, tirent respectueusement sur ses longues cordes, le faisant se balancer d'un côté à l'autre de la cathédrale, du sol au plafond. La première fois que le lourd récipient d'argent est venu siffler au-dessus de ma tête à quatre-vingts kilomètres à l'heure, déposant dans son sillage un lourd et épais nuage de fumée, j'ai baissé la tête. Puis je l'ai regardé remonter et se balancer d'avant en arrière et de bas en haut pendant cinq bonnes minutes.
L'image spirituelle, nous a-t-on dit, représente la montée au paradis du Botafumeiro, puis il redescend nous chercher, et nous emporte vers le haut. (p. 379-380)

The Way livre

The Way, la route ensemble, de Martin Sheen et Emilio Estevez, éd. Bayard, 396 p. ; 19,90 €.

Pèlerin n° 6825, du 19 septembre 2013, consacre 6 pages à The Way.

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Paru le 11 octobre 2018

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