Olivier Lemire, pèlerin malgré lui

agrandir Olivier Lemire, le 1er mai 2012, au premier jour de son pélerinage de Vézelay-Assises.
Olivier Lemire, le 1er mai 2012 au premier jour de son pélerinage de Vézelay-Assises. © Youri Zakovitch
Olivier Lemire, le 1er mai 2012, au premier jour de son pélerinage de Vézelay-Assises.
Olivier Lemire, le 1er mai 2012 au premier jour de son pélerinage de Vézelay-Assises. © Youri Zakovitch

Après avoir effectué 7 000 km de La Vie à La Mort, de L’Enfer au Paradis, du Désespoir à L’Espoir ou encore vers Le Bonheur, Olivier Lemire publie un livre sur son pèlerinage de Vézelay à Assise (Chemin d'Assise, l'aventure intérieure), récit d’une marche devenue démarche spirituelle.

À propos de l'article

  • Créé le 01/04/2014
  • Publié par :Gaële de La Brosse, sons : François Boulard
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6853, du 3 avril 2014.

Pèlerin. Vous vous définissez comme « celui qui marche ». Comment vous est venu cet attrait pour la randonnée ?
O. L. : Olivier Lemire. La marche, c’est une longue histoire de famille ! Quand j’étais enfant, nous allions nous promener le dimanche et, pendant les vacances, nous randonnions en montagne. Mon parcours professionnel m’a éloigné de cet univers. À 20 ans, j’ai commencé comme vendeur de photocopieurs en faisant du porte-à-porte. À 30 ans, je suis devenu consultant en agence de design. À 40 ans, j’étais responsable des trains de montagne touristiques pour Véolia. J’avais alors deux vies antagonistes : le cadre professionnel, qui me permettait de mener une existence aisée, et mon imaginaire, qui m’entraînait vers le « grand dehors » – selon l’expression de l’écrivain voyageur Nicolas Bouvier. À 50 ans, j’ai donc tourné une page. Au lieu de « voir venir » la vie, j’ai décidé de « venir voir » ce qu’elle me proposait. Et je suis devenu correspondant géographique.

Son. Comment a évolué votre démarche de marcheur ?

 

Pourquoi marchez-vous vers des lieux-dits signifiants ?
O. L. : Le nom des lieux que je mets sur mon chemin redonne du sens à ce que nous ne voyons plus. J’ai commencé par marcher de La Vie (Creuse) vers La Mort (Doubs), parce que c’est le voyage que nous faisons tous. Puis j’ai voulu aller nager dans Le Bonheur, une rivière cévenole. Au bout de deux mois et demi de marche, j’ai atteint, sous des trombes d’eau, ce cours d’eau glacée qui se jette dans un gouffre nommé La Perte du Bonheur. C’était le jour de mon anniversaire… J’ai mis six mois à m’en remettre.

Son. Qu’est-ce qu’un pèlerinage pour vous ?

 

Parce qu’en marchant vous vous êtes trouvé ?
O. L. : Pas seulement. Après avoir effectué de longues marches pour relier ces lieux, j’ai souhaité aller à la rencontre de leurs habitants, et transmettre ces échanges en publiant des ouvrages. Je me souviens ainsi d’un couple de 80 ans, dans un village de Gironde appelé Les Hommes, qui m’a raconté sa vie, ses bonheurs et ses souffrances. Cette rencontre, comme tant d’autres, m’a à la fois troublé – car ces inconnus m’invitaient dans leur intimité –, et émerveillé.

Son. Marcheur et écrivain, comment alliez-vous vos deux passions ?

 

Comment avez-vous vécu votre compagnonnage avec François d’Assise ?
O. L. : Avant de partir, j’avais lu une biographie de ce saint, et tout au long de ce voyage, j’ai cherché les signes qui lui étaient liés. Cet univers dans lequel j’ai vécu pendant deux mois et demi m’a reconnecté à mes racines chrétiennes. J’ai ressenti une sorte d’affection pour l’Église et une grande sympathie pour le pape que je n’avais pas en partant. Tout au long de cette marche, au fil des rencontres, j’ai découvert la signification de mots comme bienveillance, générosité, douceur, simplicité. Dans un hameau de Mayenne appelé La Foi, alors que j’étais en route vers Le Bonheur, on m’avait claqué la porte au nez. Je ne pouvais pas en rester là ! Ce pèlerinage m’a permis de poursuivre cette exploration, sans pour autant devenir croyant. J’aime à ce point le ciel que je préfère y voir le mystère de Dieu que Dieu lui-même. Aux certitudes de la foi je préfère les incertitudes du mystère.

Son. Quel est votre meilleur souvenir en tant que marcheur ?

 

Son. Quels sont vos projets ?

 


A lire

livre chemin d'assise

Chemins d'Assise, l'aventure intérieure, Ed. Bayard / Editions franciscaines, 250 p ; 19 €.

►Vidéo. Bande annonce du film Chemin d'Assise, l’aventure intérieure D'Olivier Lemire.

 

►Son. Émission Grand Angle du 25 mars 2014 : La marche, une démarche intérieure.

 

► Retrouvez l'intégralité de l'article dans Pèlerin n° 6853 du 3 avril 2014.

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Paru le 18 octobre 2018

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