Compostelle : pourquoi prend-on la route ?

Compostelle : pourquoi prend-on la route ?

Dans le livre Ils ont fait le chemin de Compostelle, Mathilde Giard explore, en textes et en images, les motivations des pèlerins de Saint-Jacques. Un bel ouvrage qui retrace de beaux chemins de vie.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Cécile Picco

Pierre-Alain, prêtre en questionnement, avide de silence ; Sylvain, conservateur de bibliothèque et traileur aux semelles de vent ; Sophie, mère de quatre enfants, malvoyante. Qu’est-ce que ces trois personnes, aux parcours si différents, peuvent bien avoir en commun ? Un espace de liberté : ils ont tous effectué le chemin de Compostelle. Et ils sont prêts à y revenir…

A chacun son chemin

Vingt-huit personnes se côtoient ainsi au fil des pages du livre Ils ont fait le chemin de Compostelle. Son auteur, Mathilde Giard, commente : « Je souhaitais y rassembler toutes les générations : des lycéens comme Anne et Antoine partis avec leur aumônerie, des trentenaires actifs comme Sixtine, des seniors tels Brigitte ou Bertrande. »

Le profil de ces pèlerins et pèlerines ? « Des athées, des sportifs, des amateurs de nature ou d’aventure, des grands croyants dont un prêtre, un tétraplégique, une aveugle nous transmettant des sensations différentes du chemin (son, odeurs, vibrations…), une "tête d'affiche" avec Axel Kahn parti marcher en agnostique et pour lequel le chemin ne représentait qu'une partie de l'itinéraire en diagonale à travers la France. »

Leur provenance et leur moyen de locomotion ? « Des Parisiens et des provinciaux, poursuit Mathilde Giard, même un Suédois protestant donnant un regard bien différent sur Saint-Jacques-de-Compostelle qu'il compare à Hollywood, avec son décorum ! Il y en a à pied, à vélo, en "randoline", et en partie en bus pour Bernard, un grand blessé de la vie resté handicapé d'une jambe. »

Une expérience qui transforme

Cependant, le projet de ce livre restait un défi. Car il n’est pas toujours facile d’exprimer ses motivations. C’est pourquoi Mathilde Giard a demandé à chaque pèlerin de lui confier une devise, une citation ou un dicton qui les inspire. « Il vaut mieux boîter sur le bon chemin que courir sur la mauvaise route », cite Pierre-Alain. « Le chemin, c’est la prise de conscience de sa vie », complète Rémi. « Lorsque tu ne sais pas où tu vas, regarde d’où tu viens », ajoutent Anne et Sylvia.

Enfin, Didier résume l’essence de ce livre : « Peu importent les moyens, peu importent les convictions, peu importent les chemins, celui de Compostelle reste une expérience unique qui nous transforme. »

Enthousiasme contagieux

Ce sont tous ces itinéraires de métamorphose que l’auteur nous propose de découvrir dans ce livre, en textes et en images. Vingt-huit voix si enthousiastes qu’elles donnent envie à ceux qui feuillettent ces pages de prendre la route.

A commencer par Mathilde Giard, qui conclut : « Porte-micro dans cette aventure, j'ai très envie de faire le chemin de Saint-Jacques à mon tour, particulièrement le début de la Via podiensis depuis Le Puy-en-Velay, avec la traversée de l'Aubrac décrite par tous comme la partie la plus magnifique. J'ai été émue par tous ces témoignages forts, certains, tel Eugène, se confiant pour la première fois. »

Pour tous ceux que ce livre inspire, le guide pratique de 48 pages qui clôture cet ouvrage sera d’une grande utilité. Le « Camino de Santiago » a encore de beaux jours devant lui, car le flot de pèlerins, en constante augmentation, n’est pas prêt de se tarir. N’est-il pas taillé sur mesure pour notre société en quête de sens ?


A lire :

Ils ont fait le chemin de Compostelle. 28 portraits de pèlerins, de Mathilde Giard, Editions de La Martinière, 240 p., 29,90 euros

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Paru le 6 décembre 2018

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