Compostelle : le pèlerinage d'une mère et de son fils

À 7 ans, Santiago a voulu marcher sur le chemin de Compostelle. Sa mère, Céline Anaya Gautier, photographe de 38 ans, raconte son voyage initiatique, durant l’été 2014, dans un récit profond, drôle et enchanteur : Dis maman, c’est encore loin Compostelle ?  Le binôme a trouvé son pas, entre accompagnement et complicité.

À propos de l'article

  • Créé le 19/05/2015
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6912, du 21 mai 2015

« Mille deux cents kilomètres à pied de Nogaro (dans le Gers) à Compostelle avec un enfant de 7 ans, quelle folie ! Quelle belle et douce folie ! »

Céline Anaya Gautier, photographe de 38 ans, mère de Santiago, 7 ans, et de Léandro, 23 mois, avait pensé à un rite de passage pour son garçon, afin de l’aider à grandir.

Mais quatre jours de randonnée et la traversée de la frontière espagnole lui paraissaient bien assez ! Santiago, néanmoins, ne l’entendait pas ainsi. Il a de qui tenir. Sa mère a déjà parcouru cinq fois le chemin de Saint-Jacques.

Je te promets que même si j’ai mal aux pieds, j’irai jusqu’au bout 

→ a supplié le jeune garçon. La mère a cédé.

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Les sœurs de Carrion de Los Condes, en Castille, hospitalières pour l’été, font vibrer l’âme des pèlerins par leur chant pur. Jacquet comme les grands, Santiago a réclamé leur bénédiction.


Juin 2014 : c’est l’heure des préparatifs et des échanges sur « les choses essentielles ».

Ce n’est que le début. Au long des 43 jours du chemin, mère et fils vont aborder des questions fondamentales : le courage, la persévérance, la responsabilité, les limites, la fraternité, la beauté de la nature, la prière.

Santiago va apprendre qu’il a un corps, par sa souffrance ; un esprit, par l’intériorité qu’il développe ; il va pleurer, rire, s’attacher, se séparer.

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Santiago et « Gran Zapato » (grandes chaussures). L’on ne voyage jamais seul vers Compostelle. Parmi les pèlerins, ces « anges du chemin » qui épaulent, Santiago s’est attaché à un homme de l’âge de son grand-père maternel qu’il ne connaît pas. « Nous avons symboliquement reconstruit notre famille », explique Céline.


Franco-Péruvienne, Céline Anaya Gautier est emplie de la foi populaire du peuple andin et de l’esprit critique français. Photographe qui a parcouru le monde, cette mère résiliente a appris à transformer le mal en bien. Par son origine indienne, elle connaît la valeur des rituels.


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Santiago, empli de la beauté de la nature : « Tu sais maman, toutes les fleurs, les plantes, sont différentes. Et aucune ne se moque l’une de l’autre. Même les scientifiques n’auraient pas pu inventer une nature aussi parfaite ! »


« Permettre à un enfant de voler de ses propres ailes est le meilleur cadeau qu’un parent puisse lui faire », explique-t-elle.

Maman, je t’aime, merci pour ce que tu m’as permis de vivre 

→ s’exclamera le garçon à l’arrivée à Saint-Jacques. Une mère qui aura beaucoup douté, qui se sera maintes fois maudite d’avoir entraîné son fils dans l’aventure, mais qui est fière de lui avoir transmis sa foi en la vie et le courage de vaincre ses peurs.

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Santiago s’est très souvent recueilli seul, longuement, sur le chemin ou dans les églises, à la surprise de sa mère, « pour de longues conversations avec Dieu ». Sa grand-mère paternelle, espagnole, l’emmène régulièrement à l’église.

 


 A lire

livre compostelle

Dis maman, c’est encore loin Compostelle ?, de Céline Anaya Gautier, Ed. Le Passeur, 460 p. ; 22 €.


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Paru le 6 décembre 2018

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