L'adieu à Dominique Paladilhe, pionnier du pèlerinage vers Compostelle

Dominique Paladilhe, premier pèlerin d'après-guerre, qui avait publié en 1956 le "Carnet de route d'un étudiant à pied vers Compostelle", vient de rejoindre, en sa dernière demeure, l’apôtre qui avait guidé ses pas sur terre. Il avait 94 ans.

À propos de l'article

  • Créé le 04/11/2015
  • Modifié le 04/11/2015 à 10:35
  • Publié par :Muriel Fauriat et Gaële de La Brosse
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    27 juin 2013

DominiquePaladilheCompostela

En juin 2015, il avait remis sa "compostela" (photo) au musée du Camino, au Puy-en-Velay.

Voici le témoignage qu’il nous avait confié, lors du rassemblement des pionniers du chemin de Saint-Jacques, en juin 2013.


« Je suis au pied du clocher qui s'élance vers Dieu comme l'âme du saint martyr. Dans son ombre s'ouvre l'entrée de la crypte ; c'est là (...) que reposent les reliques d'Eutrope. Je m'incline devant le tombeau de pierres très anciennes. Ainsi débute mon pèlerinage et je prie pour avoir force courage et humilité dans mon entreprise » ( Carnet de route...).

Muni de vagues cartes Michelin, de notes, d'un ami qui voulait plutôt aller à Lourdes, et sans parler un mot d'espagnol, le futur historien Dominique Paladilhe (auteur de nombreux ouvrages historiques, dont Les routes cathares, Perrin, 1991 ; Le prince de Condé, Pygmalion, 2005 ; Les papes en Avignon, Perrin, 2008.) décide un début d'été 1948, à la fin de ses études, de mettre ses pas dans ceux des pèlerins du Moyen Âge. « Pour les Français, Compostelle ne voulait rien dire », expliquait-il le 18 juin 2013, à la fête de l'abbé Bernès (lire Pèlerin n° 6704 du 26 mai).

DominiquePaladilhePelerin

Dominique Paladilhe en mode pèlerin.

« Nous étions des hurluberlus sans intérêt. Alors, l'accueil en France était assez froid... Mais nous nous sommes rattrapés sur les merveilles architecturales, chapelles romanes et anciens hôpitaux. En Espagne, en revanche, le saint était présent dans toutes les têtes. Les Espagnols vont à Compostelle comme les Français à Lourdes...

Et là tout ne fut que bras ouverts et moments forts : une señorita, à Pampelune, qui, nous apercevant de haut de son balcon, descend nous remplir notre gourde d'une eau claire et glacée ; un père et un fils qui, rentrant du travail, mettent le couvert pour mon compagnon et moi-même ; le botafumeiro, encensoir géant, de sortie, en arrivant à Santiago ; puis, ayant poussé jusqu'à l'océan, une famille qui nous offre une chambre sur la côte. Je partais pour recueillir le souvenir des légendes qui sont nées sur ses grandes routes. Je ne les ai plus jamais quittées. »

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Paru le 6 décembre 2018

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