Christiane Champion : "Saint-Jacques de Compostelle, c'est tous les matins"

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En 1968, sur le chemin de Compostelle, Christiane Champion a été victime du scorbut © Yvon Boëlle
Christiane Champion : "Saint-Jacques de Compostelle, c'est tous les matins"
En 1968, sur le chemin de Compostelle, Christiane Champion a été victime du scorbut © Yvon Boëlle

En 1968, Christine Champion, étudiante en philosophie quitte la Sorbonne en grève pour marcher vers Compostelle. Une histoire de famille et une histoire politique.

À propos de l'article

  • Modifié le 27/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Muriel Fauriat
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6716 du 18 août 2011

«Nous devions partir à huit, il n'en resta plus que deux ! Le frère de mon futur mari et moi. Les manifestants étudiants parlaient de liberté, mais la liberté, ce n'est pas faire n'importe quoi. Ils oubliaient la responsabilité.

Je ne pouvais plus étudier, alors je suis partie. Arrivée au Puy, j'ai pris une très belle photo, et j'ai oublié l'appareil en repartant. Toute ma vie, c'était comme ça ! Mes études de philo que je n'ai pas pu finir. Ma Compostela, idem ! Je l'ai gardée trois jours : à l'Auberge des rois catholiques, à Santiago, j'ai laissé mon beau document en latin... 

Mon compagnon avait un autre rythme que moi, et marchait devant. J'ai presque fait le voyage seule. Nous n'avions pas de tente, et nous nous présentions le soir au presbytère. Au début, les prêtres nous voyaient arriver d'un mauvais œil, car nous avions l'air de vagabonds.

Nous nous nourrissions de rien. J'ai d'ailleurs été très malade, et j'ai appris plus tard que c'était le scorbut.

J'ai trouvé ce que les païens nous disaient déjà : la nature est sacrée. On trouve la joie quand on est débarrassé de l'inutile. À Santiago, un ange gardien est venu nous expliquer la cathédrale, l'histoire, les symboles, il nous a présentés à des étudiants, nous sommes allés à des dîners, des concerts...

Puis, je suis rentrée en auto-stop à Blois, retrouver celui qui allait être mon mari. Ensuite, tout s'est enchaîné : 7 enfants, des petits-enfants...  Quand tout le monde est réuni, nous sommes 22. Je ne suis plus jamais allée sur le chemin. Mais saint Jacques, c'est tous les matins... » 

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Paru le 6 décembre 2018

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