Saugues (Haute-Loire)

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Collégiale Saint-Médard de Saugues © DR
Collégiale Saint-Médard de Saugues
Collégiale Saint-Médard de Saugues © DR

43170- Auvergne. Les pèlerins venant de toute l’'Auvergne convergeaient vers cette ancienne capitale du Haut-Gévaudan, où ils étaient reçus à l’'hôpital Saint-Jacques, aujourd’'hui transformé en maison de retraite.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de la Brosse
  • Édité par :Gaële de la Brosse

La collégiale Saint-Médard, édifice gothique du XVIe siècle, abrite un prestigieux mobilier : dans son trésor, une Vierge en majesté du XIIe siècle, une pietà du XVe siècle et trois croix processionnelles Renaissance. On peut aussi vénérer, dans la chapelle qui lui est dédiée, saint Noël Chabanel, un missionnaire jésuite originaire de Saugues qui mourut en martyr au Canada. Puis on se recueillira devant la châsse de Saint Bénilde, dans une autre chapelle latérale.

La chapelle des Pénitents se visite sur demande. On y remarquera tout spécialement le magnifique retable du XVIIe siècle attribué à Vaneau, ainsi que les instruments de la Passion (lance, coq, dés, fouet, clous, marteaux, couronne d’épines, bourse aux trente deniers, écriteau « INRI », tenailles, échelle…), plantés au bout de hampes. Cette chapelle est le siège de la confrérie des Pénitents blancs, fondée en 1652, qui compte aujourd’hui une quarantaine de membres de toutes professions. Elle parcourt toujours la ville en procession le Jeudi Saint. Les enfants des écoles brandissent les instruments de la Passion ; deux pénitents cagoulés, représentant Jésus et Simon de Cyrène, habillés de rouge et pieds nus, sont chargés de la croix ; trois autres, habillés de blanc, pieds nus et cagoulés, portent le calice et la patène ; enfin, un autre porte la « colonne des outrages ».

Avant de quitter la ville, on pourra également visiter le musée de la Bête du Gévaudan, consacré au célèbre animal, proche du loup-garou, qui terrorisa la région (et les pèlerins) à la fin du XVIIIe siècle…


Des informations sur les pénitents de Saugues :

La confrérie des pénitents de Saugues : monsite.wanadoo.fr/penitentsdesaugues

Webcompostella : www.webcompostella.com/Penitents-de-Saugues_a194.html

et plus généralement les confréries de pénitents : http://www.penitents-confrerie.org

Sur la bête du Gévaudan, le site du musée de la Bête du Gévaudan : http://www.musee-bete-gevaudan.com

Accueil à la collégiale Saint-Médard, tous les jours de Pâques à la Toussaint, permanence de 17 h à 18 h 30. Délivrance de la créanciale et rencontre avec un membre de la communauté paroissiale.

Saint Bénilde (1805-1862)

Pierre Romançon est né à Thuret (Puy-de-Dôme), dans une famille d'’agriculteurs. Après avoir été élève des Frères des Écoles chrétiennes à Riom, il entre au noviciat de Clermont en 1820. Il revêt l’'habit religieux le jour de la fête de la Sainte-Trinité et prend le nom de frère Bénilde. Après avoir exercé différentes missions à Aurillac, Moulins, Limoges, Billom et Clermont-Ferrand, il est nommé directeur de l’'école à Saugues en 1841, où il demeurera jusqu'’à sa mort. Durant cette période, les difficultés ne manquent pas : opposition d’'une partie de la population, décès de plusieurs frères, lourdes charges à assumer… Mais il supporte patiemment ces tribulations : « Sans la foi, ce serait un rude métier que le nôtre. Mais tout change avec la foi », assurait-il. Frère Bénilde meurt le 13 août 1862, fatigué et malade, et son tombeau devient rapidement un lieu de pèlerinage. Lors de la cérémonie de béatification, Pie XII dira de lui : « Il fit les choses communes d’'une manière non commune. »



Miserere

(texte de Louis Amargier sur la procession des pénitents de Saugues)

Très lentement et dans un sourd piétinement

S'’ébranlent psalmodiant les graves pénitents.

Porteurs de flambeaux dont la lumière vacille,

Lumière sur le mur qui fait danser les ombres,

À pas comptés ils vont à travers les rues sombres

Sous la blanche cagoule et sous la souquenille.

Et lentement, avec un sourd piétinement

Cheminent murmurant les graves pénitents.

Le crucifix de deuil les précède ; funèbre

S'’élève et se lamente un sourd Miserere,

Miserere poignant longtemps répercuté

Sans cesse repris par l’'armée des ténèbres.

Et lentement, avec un sourd piétinement

Avancent gémissant les graves pénitents.

Et voici les enfants qui brandissent la lance,

le coq, les dés, le fouet, les clous et le marteau

Et brandissent aussi les lugubres falots

Qui dans le soir pesant font une étrange danse.

Et lentement, avec un sourd piétinement

Avancent gémissant les graves pénitents.

Pour Jésus et Simon que d’'injustes souffrances !

Que douloureux est donc le portement de croix !

Croix d’'effroi, croix de deuil, ô dure croix de bois,

Lourde croix de douleur et de désespérance.

Et lentement, avec un sourd piétinement

S’enfoncent dans la nuit les graves pénitents.

Une dernière fois le Miserere gronde,

Clame encore son appel de pitié, triste adieu

De ces pauvres portels, pour ce deuil de Dieu

Où la nuit d’'affliction coiffe le vaste monde.

Et lentement, avec un sourd piétinement

Semblent s'’évanouir les graves pénitents.

Demain, demain les cloches sonneront

La joie de la Résurrection

Demain, demain le printemps fleurira

Dans la vie et l’amour, dans cet Alleluia.


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Paru le 18 octobre 2018

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