Bordeaux, sur le chemin de Saint-Jacques

Un parcours jacquaire de six kilomètres invite à découvrir Bordeaux, halte majeure sur la voie de Tours. Une route rythmée par les sceaux au sol et les plaques de rue frappées d’une coquille.

À propos de l'article

  • Créé le 16/11/2015
  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6938, du 19 novembre 2015

Cinq étoiles, une coquille, un fleuve et trois croissants de lune, gravés sur un sceau de bronze. Cette pastille dorée nous suivra tout au long de notre parcours. Départ de la porte Cailhau (1) par laquelle le pèlerin pénétrait autrefois dans Bordeaux (Gironde).

Carte interactive.

 

« L’itinéraire, conçu par l’architecte Christine Mathieu, est balisé par 160 de ces sceaux où figurent à la fois les symboles jacquaires (étoiles et coquille) et bordelais (Garonne et croissants de lune, évoquant la configuration du port) », m’explique Jean-Pierre Dupin, membre de l’Association des amis de Saint-Jacques-de-Compostelle en Aquitaine.

Il s’est muni du livret qui décrit, sur ce trajet, seize points d’intérêt : des églises, l’emplacement de trois hôpitaux qui recevaient les pèlerins, mais aussi le musée d’Aquitaine, où se trouve une statue de saint Jacques du XVe siècle, et les archives municipales, qui abritent des registres de confréries jacquaires.

« Lève les yeux au ciel et tu trouveras ta voie », me lance Jean-Pierre avec humour. En effet, la rue de la Coquille (2) nous indique la direction, relayée par l’apôtre lui-même qui, sur le portail occidental de l’église Saint-Pierre (3), pointe le doigt vers Compostelle, capitale de la Galice (Espagne).

Décidément, ce parcours est un vrai jeu de piste ! Nous partons donc d’un bon pas vers l’étape suivante, distante d’1,5 km : la basilique Saint-Seurin (4).

C’est là que, selon la tradition, Charlemagne fit déposer l’olifant de Roland. Une histoire qui me rappelle le passage des Pyrénées, lieu emblématique du chemin de Saint-Jacques où plane encore le souvenir de la bataille de Roncevaux.

Jean-Pierre me tire de ma rêverie : cap sur la cathédrale Saint-André ! (5) « Tu as de la chance, me signale-t-il, le portail royal vient d’être restauré. On y discerne maintenant saint Jacques en habit de pèlerin. »

Ayant pénétré dans le sanctuaire, mon guide m’entraîne vers la chapelle Sainte-Anne où je distingue une fresque murale du XIVe siècle. L’apôtre, coiffé d’un chapeau, muni d’un bourdon (bâton du pèlerin) et d’une besace, tient un drap qui supporte un chanoine.

Saint Jacques passeur des âmes ! Parmi les diverses représentations du saint, c’est celle-ci qui me touche le plus : sans son intercession, les âmes de ses pèlerins défunts pourraient-elles se hisser jusqu’au ciel ?

Mais pour l’heure, les nourritures terrestres nous appellent : la rue Saint-James (Jacques, en gascon) nous conduit aux Dos Hermanos (6) le rendez-vous des jacquets bordelais.

Au menu : tapas arrosées d’un bon vin de la Rioja(région de l’Espagne traversée par le Camino francés, chemin de Saint-Jacques le plus fréquenté), et dégustées sous une carte du Camino francés.

« Je suis né ici, m’explique le propriétaire du restaurant en pointant du doigt le Cebreiro. Et ma femme, qui vous a préparé ces bons plats, est galicienne ! »

Cette halte revivifiante nous a fait adopter les horaires espagnols, et l’après-midi est bien avancé lorsque nous reprenons notre marche. L’émotion de Jean-Pierre est palpable en entrant dans la basilique Saint-Michel (7), où une chapelle est dédiée à saint Jacques.

« C’est là que se réunit la confrérie des pèlerins de Bordeaux, dont je fais partie », me glisse-t-il.

L’iconographie jacquaire de cette chapelle est remarquable : retable illustrant la vie du saint, tableau de l’apôtre en gloire, et deux tombes de jacquets devant lesquelles je me recueille en songeant que ces pèlerins ont, eux aussi, croisé sur leur route le passeur des âmes.

Revenue au point de départ, je repense aux symboles des sceaux en bronze : la Garonne menant au « port de la Lune », les étoiles surplombant la coquille.

Et je me plais à imaginer, à la lumière de ce parcours, que la traversée de ce fleuve préfigure l’ultime voyage, sous la conduite de l’apôtre qui nous précède dans le ciel.


 Les conseils de Gaële de La Brosse

GaeleDELABROSSE

Pour ce parcours, prévoir trois heures et se procurer le livret Bordeaux sur les chemins de Saint-Jacques-de-compostelle (1€) à l’office du tourisme de Bordeaux (qui organise aussi sur ce thème rallyes pour enfants et visites guidées).

→ Une bonne adresse pour le déjeuner : Los Dos Hermanos, 52 cours Victor-Hugo.

→ Pour connaître les voies jacquaires traversant le département de la Gironde : www.saint-jacques-aquitaine.com

Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Voie de Compostelle visite dans Bordeaux

jean lou compostelle 12/07/2017 à 15:50

Bonjour. Il est dommage qu'au cours de cette visite "le guide", alors que vous passiez dans la rue de la Coquille, ne vous ait pas signalé au passage le magnifique refuge des pèlerins : la maison du Pèlerin au 28 rue des Argentiers. ... lire la suite

Paru le 18 octobre 2018

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