Paris, étape capitale sur les chemins de Saint-Jacques

agrandir La tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, avec son clocher de style gothique flamboyant. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
La tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, avec son clocher de style gothique flamboyant. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. © Marianne Rigaux
La tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, avec son clocher de style gothique flamboyant. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.
La tour Saint-Jacques, rue de Rivoli, avec son clocher de style gothique flamboyant. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. © Marianne Rigaux

Au Moyen Âge, Paris était une étape importante sur les chemins de Saint-Jacques pour les pèlerins venant du nord de l’Europe. Coquilles, statues, vitraux : débusquons les indices pour suivre leurs traces à travers la ville.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6947 du 21 janvier 2015

“Imaginons un pèlerin qui, au XIVe siècle, arrive d’Allemagne et se rend à Saint-Jacques-de-Compostelle (Galice). Prête à le suivre dans sa traversée de Paris ? » Béatrice Hignard, que j’ai rejointe à la sortie du métro Étienne-Marcel 1 , semble tout heureuse de me présenter son « Paris jacquaire ».

La guide conférencière porte un grand sac dont elle sortira, tout au long de notre parcours, de précieux documents.

Un lieu pour soigner les pieds des pèlerins

« Je vous ai donné rendez-vous ici, explique-t-elle en me montrant un plan du Paris médiéval, parce qu’à cet endroit s’élevait l’enceinte de Philippe Auguste. Notre pèlerin, qui est arrivé par la porte Saint-Denis, s’apprête donc à pénétrer intra-muros. »

Et que cherchera-t-il en entrant dans la ville, si ce n’est un lieu pour soigner ses pieds endoloris et se reposer ? Justement, rue du Cygne, une plaque (2) indique l’emplacement de l’hôpital Saint-Jacques-aux-Pèlerins, fondé en 1319 par la confrérie jacquaire de Paris.

Béatrice me montre alors un document rempli de tampons. « Cette credentiale (carnet de pèlerin) contemporaine, explique-t-elle, a pour ancêtre la lettre de créance que ce pèlerin a dû présenter ici pour se faire héberger. »

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles, point fort de la visite

Poursuivant par la rue Pierre-Lescot, notre regard est attiré par un linteau de fenêtre (3) orné de sculptures représentant bourdons (bâtons de pèlerins), calebasses, besace et coquilles.

Par la rue de la Grande-Truanderie – un nom qui n’est pas sans rappeler les faux pèlerins ou « coquillards » –, nous arrivons rue Saint-Denis, axe majeur du vieux Paris, autrefois bordé d’édifices religieux.

Le seul qui subsiste est l’église Saint-Leu-Saint-Gilles (4) , point fort de notre visite. Sa porte est close. Qu’à cela ne tienne : en pèlerinage, il y a toujours un ange providentiel qui surgit au bon moment.

Ce jour-là, il prend le visage de sœur Hubert-Dominique, provinciale de la Congrégation romaine de saint Dominique, qui nous fait découvrir trois merveilles : le retable en ivoire provenant du cimetière des Saints-Innocents (« dont l’entrée avait été financée par Nicolas Flamel, dont nous suivrons les traces tout à l’heure »), la crypte où l’on vénère des reliques de sainte Hélène, et un étonnant vitrail, où saint Jacques porte à la fois les attributs du pèlerin et du guerrier.

Dans les traces de Nicolas Flamel

Traversant le boulevard de Sébastopol, nous passons devant le porche de l’église Saint-Merri (5) – où l’apôtre arbore, ici aussi, coquilles et bourdon – pour arriver à la tour Saint-Jacques (6).

Dans ce quartier plane encore l’ombre de Nicolas Flamel, un écrivain public du XIVe siècle féru d’alchimie, et de sa dame Pernelle, auxquels deux rues doivent leur nom.

« C’est ce mystérieux bourgeois parisien qui finança le portail nord de l’église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, dont il ne reste que ce clocher », précise mon guide. À la sortie du square, nous posons notre main sur la coquille sculptée dans un pilier.

Des créations marquées par le chemin

Du Paris jacquaire médiéval à celui de nos contemporains, il n’y a qu’un pas. Ou plutôt le Petit-Pont à traverser pour découvrir une touche de fantaisie : le cadran solaire de Salvador Dalí (7) représentant une tête de femme… à l’allure de coquille Saint-Jacques !

En face se dresse l’église Saint-Séverin (8), où nous entrons pour saluer l’apôtre sur un vitrail. Puis nous nous dirigeons vers le musée de Cluny (9), terme de la visite. De là, notre pèlerin remontera la rue Saint-Jacques.

« Vous avez vu la plus grande statue de l’apôtre, au sommet de la tour qui porte son nom ? Et voici la plus petite de Paris ! » s’exclame Béatrice en désignant un ouvrage de ferronnerie sur le portail.

Puis, en admirant l’explosion de coquilles sur la façade de l’édifice, elle conclut en lisant un chant de pèlerins du XVe siècle, dont je retiendrai ces vers : « À Saint-Jacques on pardonne fautes et peines. Que le Bon Dieu nous soit clément à tous ! » 

→ Cliquez sur l'image pour l'agrandir.


(1) Carnet du pèlerin.

(2) Bâtons de pèlerin.


Mes conseils :

→ Pour effectuer cette visite de 2 heures avec Béatrice Hignard, consultez le site www.1paris2reve.com

→ Prochaines dates : les samedis 30 janvier et 20 février, le jeudi 24 mars. RV à 14 heures à la sortie du métro Étienne-Marcel (tél. : 06 61 88 25 10). Tarif : 12 € (10 € sur présentation du numéro 6947 de Pèlerin).

À lire : Marcher à Paris sur les pas des pèlerins de Compostelle, de Sophie Martineaud (Rando éditions, 64 p. ; 8,90 €). 

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 20 septembre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières