Une pierre unique entre au Muséum d'histoire naturelle

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© © René Robert
Une pierre unique entre au Muséum d'histoire naturelle
© © René Robert

Le 6 avril 2010, « Laurent » faisait son entrée officielle au Muséum d'histoire naturelle, à Paris. Une pierre unique en France, composée de 5,1 kg de quartz et de fluorite. Voici l'étonnante histoire du premier minéral classé « bien culturel majeur du patrimoine national », racontée par un chercheur passionné.

À propos de l'article

  • Créé le 12/09/2014
  • Publié par :Luc Balbont
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6646, 15 avril 2010

La voici, dans son écrin de verre, exposée dans la Grande galerie de l'évolution du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) de Paris. 18 cm de haut, 29 cm de long, 21 cm de large. Son âge ? 19 millions d'années. Une vieille dame qui, non seulement, n'a pas pris une ride, mais qui a conservé ses couleurs.

De petites pyramides d'un rouge framboise éclatant, reposant sur un lit de cristal de roche de teinte « cognac ». Une association de fluorite et de quartz d'une grande pureté. Cette œuvre produite par la nature émeut Pierre-Jacques Chiappero. À 49 ans, ce minéralogiste, chercheur et maître de conférences au MNHN, en a pourtant vu passer des pierres. « Mais là, dit-il, on touche à la perfection. Je ne me lasse pas de la regarder. Élégance, esthétique, tout y est ! Avec ce cristal, on se rapproche de l'art pur. Depuis 1955, le musée n'avait pas acquis une aussi belle pièce. »

Ce n'est pourtant pas lui qui a découvert cette merveille de 5,1 kg, mais son ami, Christophe Peray, un ethnologue quinquagénaire, passionné de cristaux. Dès qu'il a des vacances, ce Parisien prend la direction des Alpes. Là où nichent les plus beaux spécimens, au fond de crevasses menacées par les éboulements. Une quête aventureuse soumise à la concurrence des cristalliers locaux, qui voient d'un mauvais œil un « étranger » marcher sur leurs plates-bandes. Bref, un passe-temps plutôt dangereux, où les coups peuvent venir de la nature comme des hommes.

C'est la raison pour laquelle Christophe Peray n'a pas crié publiquement sa joie lorsqu'il a trouvé ce joyau, le 21 juillet 2006, dans le massif du Mont-Blanc, sur la face nord de l'Aiguille verte. Un trésor qu'il a baptisé « Laurent », en souvenir de son ami, Laurent Chatel, qui l'accompagnait en montagne, et qui a disparu tragiquement sous ses yeux, en août 2005, victime d'une chute de 600 mètres du côté de Chamonix (Haute-Savoie).

Selon Pierre-Jacques Chiappero, « Laurent » demeure à ce jour le minéral le plus extraordinaire découvert en France. Fin 2006, les experts estiment son prix à 250 000 €. « Comparé à des œuvres de peintres célèbres, modère le minéralogiste, c'est peu ! »

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Paru le 15 novembre 2018

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