Jacques-Émile Blanche, le peintre aux visages

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© "Le dernier souper", de Jacques Emile Blanche. Huile sur toile (1891-1892), 220 x 290 cm. Musée des beaux-arts de Rouen
Jacques-Émile Blanche, le peintre aux visages
© "Le dernier souper", de Jacques Emile Blanche. Huile sur toile (1891-1892), 220 x 290 cm. Musée des beaux-arts de Rouen

Méditation sur le tableau "Le dernier souper" , de l’exposition « Jacques-Émile Blanche, le peintre aux visages », au musée des Beaux-Arts de Libourne (Gironde).

À propos de l'article

  • Créé le 11/07/2018
  • Publié par :Dominique lang
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7076 du 12 juillet 2018

Même au XIXe siècle,  le talent n’est pas réservé aux artistes maudits. Jacques-Émile Blanche, fils et petit-fils de médecins psychiatres célèbres, a connu la vie aisée des milieux bourgeois parisiens et anglais de son temps. une vie mondaine où il a multiplié les rencontres avec des écrivains, des musiciens et des peintres, aussi bien dans leurs jours heureux que dans les temps difficiles lorsque, déprimés, ils se réfugiaient dans la clinique de son père.

Est-ce de cette expérience que Jacques-Émile Blanche a tiré sa sensibilité aux êtres et aux visages ? L’homme va devenir non pas un médecin mais un portraitiste réputé. Ici pourtant, dans cette composition, les visages restent au loin. L’artiste fait une intrusion – sans lendemain – dans le monde des symbolistes, une veine artistique alors très en cours.

L’œuvre – singulière, donc – se déroule dans un intérieur bourgeois, cossu et sombre. seuls les blancs de la nappe et des habits de trois personnages illuminent la scène, figée comme dans un vieux tableau flamand. Sans oublier le triangle de bleu, de rouge et d’or que dessinent le peignoir oriental du personnage presque central et les fruits sur la table.

Des touches de couleur comme des pulsations de vie dans un univers triste et clos. Le geste du personnage central donne la clé de l’œuvre : le pain, bénit et rompu, est le même que celui offert à Emmaüs (Lc 24). C’est donc la présence surprenante du Christ qui est rendue ici. Étrange contemporain qui invite chacun, là où il en est, à franchir le pas de la foi.

Exposition « Jacques-Émile Blanche, le peintre aux visages », au musée des Beaux-Arts de Libourne (Gironde), jusqu’au 22 septembre.

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Paru le 15 novembre 2018

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