Julien Maury, entrepreneur dans l’immobilier solidaire: « Je gagne moins, mais mon travail a du sens »

agrandir Julien Maury, entrepreneur dans l’immobilier solidaire.
Julien Maury, entrepreneur dans l’immobilier solidaire. © Frédéric Benaglia
Julien Maury, entrepreneur dans l’immobilier solidaire.
Julien Maury, entrepreneur dans l’immobilier solidaire. © Frédéric Benaglia

La trajectoire de Julien Maury, 34 ans, était toute tracée. Au milieu des années 2000, après des études en économie et en sciences politiques, à Paris, il gagne bien sa vie dans le financement de projets immobiliers, à l’heure où les prix des logements progressent de manière irraisonnée.

« L’argent coulait à flots, raconte-t-il. Mais cette spéculation me posait un problème éthique. J’ai pris trois mois de congé sabbatique pour réfléchir à mon avenir. Revenu d’une « retraite » dans un village reculé à Madagascar, je me suis connecté à Internet le 15 septembre 2008, jour de la faillite de la banque américaine Lehman Brothers, point de départ de la crise financière. »

Le krach confirme son diagnostic : le monde marche sur la tête. Pour mettre ses actes en accord avec ses idées, il crée en 2010 une agence d’un genre nouveau. COAB met sur pied des projets d’« habitat participatif ». Plusieurs foyers investissent ensemble dans la construction d’un immeuble collectif où ils partageront, par exemple, une terrasse, une chambre d’ami, une buanderie… « Ma vision de la vie : l’échange de services, les bons moments entre voisins ».

Évidemment, Julien est un adepte du « coworking » (partage de l’espace de travail). Il loue 400 € par mois un petit bureau à La Ruche, un ancien atelier au cœur de Paris, où 70 jeunes entrepreneurs travaillent côte à côte et ensemble. « On s’échange conseils et bons plans. » Pour lui, le bonheur a cinq piliers : la famille, le couple, les amis, le travail et soi.

« Aujourd’hui, le travail prend la première place dans ma vie car il me passionne et que COAB est encore en phase de lancement. Le reste viendra plus tard. Je gagne quatre fois moins qu’avant, mais je sais enfin pourquoi je me lève le matin. »

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 18 octobre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières