Qu’est-ce que le Conseil œcuménique des Églises ?

agrandir Le 15 mai 2018, le secrétaire général du Conseil oecuménique des Églises, Olav Fykse Tveit (à gauche) et le P. Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.
Le 15 mai 2018, le secrétaire général du Conseil oecuménique des Églises, Olav Fykse Tveit (à gauche) et le P. Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. © Fabrice COFFRINI / AFP
Le 15 mai 2018, le secrétaire général du Conseil oecuménique des Églises, Olav Fykse Tveit (à gauche) et le P. Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.
Le 15 mai 2018, le secrétaire général du Conseil oecuménique des Églises, Olav Fykse Tveit (à gauche) et le P. Andrzej Choromanski, du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens. © Fabrice COFFRINI / AFP

Le pape François rencontre, le 21 juin, le Conseil œcuménique des Églises (COE), en Suisse. Qu'est-ce que la mission de ce Conseil, qui rassemble plus de 500 millions de chrétiens dans le monde, et dont l’Église catholique romaine n’est pas membre ? À quoi sert-il ? Questions/réponses.

Qu’est-ce que le Conseil œcuménique des Églises (COE) ?

Le Conseil œcuménique des Églises rassemble près de 350 Églises chrétiennes du monde en une « communauté fraternelle ».

Le Conseil propose un lieu de rencontres des différentes Églises pour qu’elles puissent travailler ensemble, se connaître et parler d’une seule voix.

Comment est né le COE ?

Si plusieurs mouvements œcuméniques existaient déjà au début du XXe siècle, c’est en 1920 que, pour la première fois, le patriarcat de Constantinople – orthodoxe - lance un appel pour la création d’une « Société des Églises », sur le même principe que la Société des Nations, créée quelques mois plus tôt. En 1937, des représentants de plus de 100 Églises manifestent leur volonté d’un Conseil œcuménique des Églises. Mais la guerre éclate. Le projet est suspendu. Ce n’est qu’en 1948 que le Conseil œcuménique voit le jour, à Amsterdam (Pays-Bas). Il célèbre cette année ses 70 ans.

Que fait le COE ?

Le COE agit dans différents domaines :

-       La solidarité, le secours caritatif aux sans-abri, aux migrants, aux prisonniers et le respect de la dignité humaine.

-       La consolidation de la paix dans les pays et régions instables.

-       L’aide au développement des pays du tiers-monde.

-       La formation des personnes impliquées dans le mouvement.

Tout au long de la Guerre froide (1947-1991), le Conseil œcuménique a servi de lieu de rencontre au dialogue Est/Ouest. En 1969, le Conseil s’est engagé contre le racisme et a fortement contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique australe.

Le centre administratif se trouve à Genève, en Suisse. Mais le COE dispose de bureaux partout dans le monde : au Nations unies à New York, à Jérusalem (Israël), à Nairobi (Kenya)…

Le Conseil tient une assemblée générale tous les huit ans. La dernière s’est déroulée en 2013, à Busan (Corée du Sud).

Qui siège au COE ?

À ses débuts, en 1948, le COE comptait 147 églises. Elles étaient en majorité protestantes et occidentales. Aujourd’hui, elles sont 348 et majoritairement orthodoxes (chalcédoniennes et orientales). Mais la COE rassemble aussi un grand nombre d’Églises anglicanes, baptistes, luthériennes, méthodistes… Toutes reconnaissent Jésus comme « Dieu et sauveur » et croient au mystère de la Trinité. Au total, plus de 500 millions de chrétiens de 120 pays différents sont représentés.

>>> Voir ici la liste des Églises membres <<<

Et l’Église catholique dans tout cela ?

L’Église catholique romaine ne siège pas au COE. Elle n’a jamais demandé son admission. Lors des premières années, les relations entre Rome et le COE étaient tendues. Mais le concile Vatican II a permis d’établir un dialogue. En 1966, pour la première fois, une rencontre est organisée. Un groupe de travail « mixte » a été mis en place dans la foulée. Aujourd’hui, Rome collabore avec le conseil à titre d’observateur et de nombreux théologiens catholiques sont intégrés dans différentes commissions et groupes de travail.

Que va y faire le pape François ?

Le pape a été convié au 70ème anniversaire du Conseil. Le secrétaire général norvégien du COE, Dr Olav Fykse Tveit, a présenté cette visite comme « une étape historique dans la recherche de l’unité des chrétiens et de la coopération entre les Églises pour un monde de paix et de justice ».

Depuis sa création en 1948, ce n’est que la troisième fois qu’un souverain pontife s’y rend. La première visite date du lendemain du concile Vatican II, en 1969. Paul VI avait alors inaugurée le début de la coopération. C’est ensuite Jean Paul II qui s’est rendu au Conseil, sur les pas de son prédécesseur en 1984. Il avait prononcé un discours fort et engagé, affirmant sa volonté d’unité.

>>> À lire : le discours de Jean Paul II au Conseil œcuménique des Églises <<<

La visite du pape François renouvelle donc cette volonté de l’Église catholique romaine de se rapprocher du Conseil et envoie un signal fort aux chrétiens du monde entier.

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Paru le 20 septembre 2018

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