Regards sur les personnes handicapées

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Marcel Rufo © Alain Tendero
Marcel Rufo
Marcel Rufo © Alain Tendero

Aujourd'hui encore, c'est le regard des autres, parfois terriblement agressif, qui blesse les personnes en situation de handicap et leurs parents. Mais, avec la civilisation de l'image, tout change...

À propos de l'article

  • Créé le 09/08/2010
  • Modifié le 28/02/2014 à 12:00
  • Publié par :Marcel Rufo
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6663, du 12 août 2010

Il faut maintenant être vu pour être reconnu. Si l'on doit bien sûr dénoncer des abus, on n'en constate pas moins un effet bénéfique inhérent à notre époque où tout se montre et tout s'expose.

Longtemps, aborder ce thème dans les médias n'était pas « vendeur ». Il est vrai que, pour nous protéger, nous avons tendance à opposer aux images crues du handicap la vision idéale de l'enfant indemne, qui chasse la réalité du déficit ou du trouble.

Aujourd'hui, l'image s'impose dès la vie intra-utérine. Les procès pour erreurs de diagnostic se multiplient, surtout pour non-détection de l'image d'une anomalie. On se rappelle qu'au mois de novembre dernier, le président du Sidaction, Pierre Bergé, avaient violemment critiqué la manière spectaculaire du Téléthon de mettre en scène les personnes handicapées en vue de récolter des dons.

Observons que dans notre quotidien fleurissent les campagnes (« Un enfant qui n'a pas la chance de regarder les œuvres avec les yeux doit pouvoir le faire avec les mains », « Tu prends ma place, prends mon handicap ») et des affiches montrant des enfants porteurs de maladies diverses et variées.

On applaudit tous, bien sûr, au dynamisme du Sidaction, mais peut-on accepter les termes de « populisme » et d'« exhibitionnisme » dont est affublé le Téléthon, sous prétexte que des enfants, des adolescents atteints de myopathie ou de maladies rares, en s'affichant, seraient maltraités ?

Il y aurait donc des choses que l'on pourrait montrer et d'autres que l'on ne devrait pas exposer. Où se situe le curseur éthique ?

Reconnaissons qu'être vu à la télévision, pour un enfant en situation de handicap, représente un véritable signe d'intégration sociale. Comment ne pas souligner le courage d'un adolescent souffrant de troubles psychologiques graves qui choisit de participer à une émission de télévision pour que cessent les moqueries dont il est l'objet, et que soit reconnu son handicap psychique au sein de la société ?

Des précautions s'imposent dans certains cas, en fonction de la maladie et des fragilités spécifiques aux uns ou aux autres. N'hésitons pas non plus à dénoncer le scandale commercial de ces images écœurantes où le choc éprouvé est érigé en principe de marketing.

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Paru le 20 septembre 2018

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