Pas de risque zéro

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Les enquêteurs au travail dans les décombres de l’Airbus A 310 de Germanwings, dans les Alpes françaises. © Yves Malenfer / Ministère de l’Intérieur / AFP
Les enquêteurs au travail dans les décombres de l’Airbus A 310 de Germanwings, dans les Alpes françaises.
Les enquêteurs au travail dans les décombres de l’Airbus A 310 de Germanwings, dans les Alpes françaises. © Yves Malenfer / Ministère de l’Intérieur / AFP

Après le crash de l’A320 et l’émotion suscitée par ce terrible fait divers, je voudrais revenir avec vous sur les notions de risque, de sécurité et de vulnérabilité.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 08/04/2015
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6906, du 9 avril 2015

Les récentes recommandations de l’Agence européenne de la sécurité aérienne n’ont convaincu personne. Après avoir verrouillé le cockpit des avions contre l’intrusion d’éventuels terroristes, l’Agence préconise d’ouvrir la cabine de pilotage à des personnes autorisées pour se prémunir du danger venu de l’intérieur.

Vidéo. Survol du site du crash de l'Airbus A320. Source : France Télévisions.

 

Décidées à la hâte sans prendre le temps du discer­nement ni de l’enquête, ces mesures sont symptomatiques d’une maladie contemporaine : l’obsession du risque zéro.

 Son. Ecoutez l’édito de Catherine Lalanne. Source : RCF.

 

Supprimer l’aléa, écarter le péril éventuel, rayer l’incertitude devient une idée fixe : notre société est malade de ses craintes. Dans notre assiette, à l’école, au travail, en politique, le virus de la peur est en passe de nous contaminer.

Relayée par les médias, instrumentalisée par certains élus, la menace du danger pèse sur nos têtes telle l’épée de Damoclès.


Nous semblons oublier que vivre, c’est d’abord prendre des risques.

Traverser la rue, conduire sa voiture, donner naissance à un enfant, changer de cap professionnel, faire le pari d’aimer, sont autant d’inconnues qu’il nous faut habiter pour vivre pleinement.

Affronter la peur est une composante essentielle de la condition humaine et fonde notre liberté. À trop barder nos vies de précautions, à nous replier dans un tout sécuritaire dont l’actualité nous rappelle les effets pervers, nous sclérosons nos existences et perdons prise sur notre destin.

Après la sidération causée par le crash, catastrophe de trop en ce début d’année meurtrier, nous devons retrouver la raison.

Prendre les mesures préventives qui s’imposent dans les airs sans céder à la surenchère. Dissocier la prudence élémentaire de la hantise du péril permanent. Distinguer avec nos enfants la prise de risque personnelle de la mise en danger d’autrui.

Miser sur la confiance plutôt que systématiser la défiance. Reconnaître enfin notre fragilité en cette ère de technologie triomphante. L’être humain est faillible, et toutes les précautions du monde ne suffiront pas à le rendre invincible. Il nous faut accepter notre vulnérabilité.

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Paru le 2 août 2018

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