Le juste et le romancier

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Le romancier Salim Bachi. © Librairie Mollat.
Le romancier Salim Bachi.
Le romancier Salim Bachi. © Librairie Mollat.

Cette semaine, Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin, a envie de partager avec vous une double rencontre. Celle d’un juste et d’un romancier.

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À propos de l'article

  • Créé le 11/02/2015
  • Modifié le 11/02/2015 à 14:08
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6898, du 12 février 2015

Le premier est un diplomate d’exception qui a désobéi à son pays et sacrifié sa carrière pour sauver des vies humaines. Le second est un écrivain algérien qui s’est glissé avec talent dans la peau de ce haut fonctionnaire chrétien protecteur des juifs.

Son. Ecoutez l'édito de Catherine Lalanne sur les ondes de RCF.

 

Le juste, c’est Aristides de Sousa Mendes, consul du Portugal à Bordeaux, qui signa, dans la débâcle de 1940, trente mille visas aux parias de toute l’Europe, sauvant parmi eux dix mille juifs de l’enfer des camps nazis.

Le romancier se nomme Salim Bachi : adversaire déclaré de l’intégrisme, censuré dans son propre pays, il emprunte dans Le consul la voix du diplomate insurgé pour analyser les ressorts de l’insoumission.

Vidéo. La présentation du Consul par Salim Bachi. Source : Librairie Mollat.

 
Salim Bachi - Le consul par Librairie_Mollat

Le consul résonne avec l’actualité. Les périls qu’il décrit, le racisme qu’il dénonce n’appartiennent pas au passé.

Plus encore, le juste et son biographe réveillent nos consciences. Alors que 2015 a débuté sous le signe d’une effroyable tuerie, que le nombre d’actes antisémites a doublé en 2014, la morale du consul, sauvant les pères de ceux qu’on menace encore aujourd’hui, interpelle nos esprits.

En décrivant un homme pétri de foi, solidaire de tous les autres, quelle que soit leur religion, le romancier pointe le non-sens de ceux qui tuent au nom de Dieu.

Le juste et le romancier partagent une même conviction : la vraie foi rejoint l’humanisme, brise barrières et préjugés, questionne le bien et le mal, donne la liberté intérieure, la force de refuser l’innommable. Grand serviteur de son pays qui a signé un accord de neutralité avec l’Allemagne, Aristides de Sousa Mendes va pourtant désobéir au nom de l’amour de Dieu.

Un Dieu de miséricorde qui lui intime de sauver ses frères qui vont périr.

La vraie foi relie tous les hommes, ceux qui croient à Jésus-Christ, à Yahvé ou à Allah. Elle pose le bien au-dessus de tout. C’est l’inverse d’une croyance rigide, soumise, exclusive, qui conduit au fanatisme 

→ conclut Salim Bachi.

Plus notre âme aspire à Dieu, plus nous sommes unis aux autres, n’en déplaise à ceux qui divisent les hommes en instrumentalisant le spirituel. C’est le message de ce grand roman qui vaut pour le temps présent.


A lire

le consul

Le consul, de Salim Bachi,
Éd. Gallimard, 2014, 192 p. ; 17,50 €.

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Paru le 20 septembre 2018

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