Habiter, 
c’est se relier

agrandir "Les lieux d’où nous venons, 
dans lesquels nous grandissons ou trouvons 
provisoirement refuge sont un prolongement de nous-mêmes."
"Les lieux d’où nous venons, 
dans lesquels nous grandissons ou trouvons 
provisoirement refuge sont un prolongement de nous-mêmes." © viperagp/Fotolia
"Les lieux d’où nous venons, 
dans lesquels nous grandissons ou trouvons 
provisoirement refuge sont un prolongement de nous-mêmes."
"Les lieux d’où nous venons, 
dans lesquels nous grandissons ou trouvons 
provisoirement refuge sont un prolongement de nous-mêmes." © viperagp/Fotolia

Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin évoque face à l'urgence des migrants l’importance des espaces de vie collectifs pour maintenir la richesse des liens sociaux.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 02/03/2016
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6953 du 3 mars 2016

Catherine Lalanne © William Beaucardet

Catherine Lalanne © William Beaucardet

Mardi dernier, 
j’ai assisté à 
une conférence 
de presse de 
la Fondation 
du patrimoine, 
à Paris. Pour ses vingt ans, la Fondation publie une enquête sur l’attachement des Français à leur 
patrimoine de proximité. Clochers, mairies, gares, ponts, bâtiments industriels… tiennent une place privilégiée dans nos cœurs.

Pour 67 % d’entre nous, il y a urgence 
à les maintenir et les préserver. Un peu plus tard à la radio, j’écoute l’architecte Jean Nouvel commenter son projet pour le Grand Paris. Le bâtisseur rappelle 
la priorité du projet humain sur l’urbain 
et la nécessité de penser l’esprit de l’architecture avant d’étudier sa fonctionnalité.

De retour à la rédaction du journal, mon regard est attiré par les unes des quotidiens sur mon bureau, consacrées au démantèlement de la jungle de Calais. Migrants et 
associations refusent qu’on rase le bidonville en dépit des conditions sanitaires inacceptables du lieu. Car les exilés ont posé leur empreinte sur ce campement, créé des lieux de culte, d’échange et de culture. Supprimer l’école, la bibliothèque ou le restaurant 
leur semble aussi violent que l’insalubrité 
du camp.

Les lieux d’où nous venons, 
dans lesquels nous grandissons ou trouvons 
provisoirement refuge sont un prolongement de nous-mêmes. Les toits immuables 
ou précaires, de tuile ou de tôle, 
ne se contentent pas de protéger nos corps. Lieux de labeur, vieilles demeures ou containers abritent aussi ce qui nous tient reliés 
les uns aux autres. Que l’on préserve hier, que l’on tente aujourd’hui de survivre dans un camp ou que l’on invente la cité de demain, l’interaction entre l’humain et le bâti est constante.

Mémoire d’un grand-père qui 
a travaillé dans une usine, chaleur d’autrefois recréée par des exilés dans un théâtre de 
fortune, rêves d’une vie meilleure dans une ville idéale, nous tiennent ensemble, debout. Le tribunal administratif de Lille, qui valide l’arrêté d’expulsion des migrants de la zone sud de Calais mais préserve les lieux de vie collectifs, l’a compris.

Quelle que soit la nécessité de trouver des solutions de logement décentes pour les migrants, il y a urgence 
à préserver la part d’humanité, les espaces 
de sociabilité, d’espérance et de solidarité 
qui s’expriment dans cette fragile cité.

 

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Paru le 20 septembre 2018

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