Désir de mer, soif de Dieu

agrandir Le reliquaire de Sainte-Anne-d'Auray (56) contenant une partie de la statue trouvée par Yvon Nicolazic et vénérée par les pèlerins pendant le pardon.
Le reliquaire de Sainte-Anne-d'Auray (56) contenant une partie de la statue trouvée par Yvon Nicolazic et vénérée par les pèlerins pendant le pardon. © Léonnard Leroux
Le reliquaire de Sainte-Anne-d'Auray (56) contenant une partie de la statue trouvée par Yvon Nicolazic et vénérée par les pèlerins pendant le pardon.
Le reliquaire de Sainte-Anne-d'Auray (56) contenant une partie de la statue trouvée par Yvon Nicolazic et vénérée par les pèlerins pendant le pardon. © Léonnard Leroux

Cette semaine, Catherine Lalanne, rédactrice en chef à Pèlerin, largue les amarres. Et vous invite à vous évader avec elle. Direction : la Bretagne et ses "pardons".

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 23/07/2014
  • Publié par :Catherine Lalanne
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    6869, du 24 juillet 2014.

D’un côté, je lis dans une étude récente que six Français sur dix choisissent la plage pour se ressourcer l’été. De l’autre, je constate que le vers de Baudelaire « Homme libre, toujours tu chériras la mer » arrive en tête des citations célèbres sur la grande bleue. Une fois n’est pas coutume ! Sondeurs et poètes s’accordent sur le besoin d’évasion qui nous mène à la plage et scelle notre rendez-vous estival avec les flots.

Son. L'édito de Catherine Lalanne.

 



Si l’onde nous attire chaque été, c’est qu’elle symbolise d’abord la liberté retrouvée. Face à l’immensité sauvage, nos entraves intérieures se desserrent. En tournant le dos à la terre, nous tournons le dos aux obligations, nous nous délivrons de la routine et des carcans ; nous larguons les amarres.

La mer est accueillante, elle nous ramène à l’eau première qui nous a bercés ; nous y flottons en apesanteur comme dans le ventre maternel. Ses flots ont le pouvoir de nous engendrer à nouveau. D’ailleurs, ne sort-on pas du bain, neuf comme un nouveau-né, et comme lui, affamé ? La mer a tout prévu ! Elle se fait nourricière et propose coquillages et crustacés iodés aux vacanciers.


Non contente de rassasier nos corps, voilà qu’elle se mêle aussi de parler à nos âmes. Ses vagues, ses marées, ses reflets bousculent nos certitudes et remuent nos cœurs. Sa ligne d’horizon invite à d’autres ailleurs, sa brise témoigne d’un autre souffle, le sel de ses embruns éveille une autre soif. Est-ce parce que ses eaux dialoguent avec le ciel que la mer nous donne aussi le goût de Dieu ?



C’est limpide : l’infini de ses flots ravive la conscience de notre finitude.


Et la violence de ses colères renvoie à la fragilité de notre condition humaine. Car pas d’appel du large ni de départ au loin sans risque ni danger. Les bénédictions estivales des bateaux expriment la crainte ancestrale des marins. Dans nos pages, cette semaine, les pardons bretons racontent ce grand besoin de Dieu quand les eaux se déchaînent : bannières, croix, chants et pèlerinages appellent sa protection sur tout le littoral.


Quand la mer nous convie chaque été, en nous baignant, en la contemplant, en suivant en touriste une procession, sommes-nous toujours conscients de la profondeur du rendez-vous ? 

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Paru le 20 septembre 2018

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