Sortons ensemble de la crise agricole

agrandir Viviane Alloin, agricultrice dans l’Allier.
Viviane Alloin, agricultrice dans l’Allier. © Hugo Aymar
Viviane Alloin, agricultrice dans l’Allier.
Viviane Alloin, agricultrice dans l’Allier. © Hugo Aymar

Encore un édito sur les paysans, allez-vous penser… Oui, c’est plus fort que moi. Sans doute à cause de ma jeunesse enfouie dans la campagne et de mon suivi passionné des questions agricoles pour Pèlerin durant tant d’années.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 28/07/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6922, du 30 juillet 2015

Suite, aussi, au cri lancé, il y a quelques mois, par un ami éleveur laitier que j’accompagnais dans sa salle de traite.


Ce métier, je l’aime, mais qui accepterait aujourd’hui de le faire avec ses contraintes de fou et son salaire de misère ? 

→ a-t-il hurlé, dénonçant son travail à perte au profit de la grande distribution et de ses centrales d’achats tyranniques.

Toujours le même scandale à l’origine de la révolte paysanne de cet été. À croire que rien ne change, malgré l’observatoire des marges et la litanie des tables rondes suivies de bonnes réso­lutions. À croire que les mesures ponctuelles ne suffisent pas et que l’injustice appelle à un bouleversement de ces échanges commerciaux.

Parmi les mesures radicales, deux sont essentielles. La première concerne les consommateurs. Acceptons tous de payer à peine plus cher notre nourriture !

Ces cinquante dernières années, la part des dépenses en produits alimentaires dans notre budget est passée de 24 à 14 %. Dure résolution solidaire en temps de crise ?

Oui, mais il suffit de très peu pour rétribuer au juste prix les producteurs via des filières équitables.

Moins de dix centimes sur le kilo de viande ou sur les fruits et légumes et ça irait déjà mieux 

→ me certifiaient de jeunes agriculteurs.

La seconde, qu’une part accrue de paysans privilégie la qualité et les circuits courts. Tous ne peuvent le faire.

Mais si 5 à 10 % de la production agricole étaient vendus en direct, tous gagneraient mieux leur vie. Privés d’une partie de leurs apports, les intermédiaires, notamment la grande distribution, seraient contraints de mieux payer leurs producteurs pour conserver des fournisseurs.

Et ils n’auraient qu’autres choix que de baisser leurs marges pour garder une clientèle attirée par la vente directe et la qualité. Les prix à la production seraient tirés vers le haut au profit des agriculteurs, sans dommage pour les consommateurs. Une économie concurrentielle, orientée vers le bien commun ! J’en rêve… 

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Paru le 20 septembre 2018

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