Sauvons la laïcité de respect !

agrandir "La loi de 1905 est synonyme de paix sociale. Elle exige la neutralité de l’État, mais pas celle des individus", Benoît Fidelin. 
"La loi de 1905 est synonyme de paix sociale. Elle exige la neutralité de l’État, mais pas celle des individus", Benoît Fidelin.  © Citizenside.com/AFP
"La loi de 1905 est synonyme de paix sociale. Elle exige la neutralité de l’État, mais pas celle des individus", Benoît Fidelin. 
"La loi de 1905 est synonyme de paix sociale. Elle exige la neutralité de l’État, mais pas celle des individus", Benoît Fidelin.  © Citizenside.com/AFP

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, donne le conseil suivant aux ultras laïcs : relisez la loi de 1905 et observez son juste exercice. Objectif : la paix sociale.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 06/05/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6910, du 7 mai 2015

Comme un boomerang, mon texte me revient en mémoire. C’était en 2005. Alors que la France mettait à jour la loi qui, un siècle plus tôt, avait instauré la séparation des Églises et de l’État, je m’étais vu confier la réalisation, pour Pèlerin, d’un article sur l’état des lieux de la laïcité.

Sujet jugé « délicat ». Mais la conclusion de l’enquête était sans équivoque : l’esprit de concorde prévalait. « L’application bienveillante de cette loi a apaisé les esprits et favorisé l’exercice du culte », observait la Conférence des évêques de France, se réjouissant que « la neutralité de l’État n’implique surtout pas qu’il nie le fait religieux ».

Comme cela paraît loin ! Qui aurait cru possible, il y a quinze ans, qu’un ex-président de la République, lancé dans une course à l’échalote avec les extrêmes, s’attaque au repas sans porc (dit « de substitution ») dans les cantines scolaires ?

Qu’une affiche de spectacle soit censurée dans les couloirs du métro parisien car mentionnant les chrétiens d’Orient ? Qu’une jeune musulmane soit exclue de son lycée pour une jupe jugée trop longue ? Qu’un homme soit interdit de vote parce qu’il portait une kippa ? Qu’un maire, enfin, se retrouve publiquement mis en cause sous prétexte qu’il anime, à titre privé et dans sa propre paroisse, une conférence sur « la joie dans l’Évangile » ?


Surfant sur la plus forte visibilité de l’islam et sur ses difficultés à s’organiser pour mieux s’intégrer, l’amalgamant sans discernement au terrorisme islamiste, de nouveaux croisés de la laïcité veulent à présent bouter les religions hors de la sphère publique.

Les cantonner dans l’espace clos des convictions personnelles et des lieux de culte. Quitte à discriminer des citoyens au nom de leur croyance, les rejetant, pour certains, dans un communautarisme contraire aux valeurs de la République… qu’ils veulent pourtant défendre.

Un bon conseil à tous ces ultras : qu’ils relisent la loi de 1905 et observent son juste exercice, synonyme de paix sociale grâce à deux vertus : elle exige la neutralité de l’État, mais pas celle des individus ; elle est gardienne de la liberté d’expression des religions, à condition qu’elles ne troublent pas l’ordre public et n’entravent pas la liberté d’autrui.

Ainsi trouveront-ils les meilleurs arguments pour passer d’une laïcité de combat à une laïcité de respect. Au boulot !

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 2 août 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières