Marchands de canons

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Les avions Rafale une des « produits phare » de la vente d’armes de la France à l’étranger. © Laurent Davaine/Fotolia.com
Les avions Rafale une des « produits phare » de la vente d’armes de la France à l’étranger.
Les avions Rafale une des « produits phare » de la vente d’armes de la France à l’étranger. © Laurent Davaine/Fotolia.com

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, fait un terrible constat : jamais la France n’aura vendu autant d’armes. Certes, il y a des emplois à la clé… mais dans d’autres secteurs aussi, non ?

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À propos de l'article

  • Créé le 28/10/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6935, du 29 octobre 2015

Et 2,5 milliards d’euros d’hélicos et de blindés pour le Koweït, c’est le dernier marché en date ! Encore davantage avec les patrouilleurs et satellites vendus à l’Arabie saoudite.

Sans compter les Rafale et les frégates destinés à l’Égypte et les escadrilles exportées au Qatar.

Jamais la France n’aura vendu autant d’armes. Passé de 4,8 milliards d’euros en 2012 à 8,2 milliards en 2014, le montant de ce commerce approcherait les 15 milliards en 2015.

Et cela, sans aucune hésitation morale ni questionnement éthique de la part de nos dirigeants, qui se rengorgent même d’avoir signé de tels contrats.

On peut, politiquement, comprendre qu’un pouvoir en échec sur tous les fronts économiques (600 000 chômeurs de plus depuis le début du quinquennat, un déficit public toujours abyssal malgré le poids accru de la fiscalité, une dette incontrôlée et proche des 100 milliards d’euros), cherche sans scrupule à tirer profit  de ses rares « succès commerciaux ».

De plus, me dira-t-on, dans une France gangrenée depuis quarante ans par le chômage de masse, l’emploi passe avant tout. Loin de moi l’idée de nier cette priorité des priorités.  Ne travaillant pas dans l’industrie de l’armement ou chez ses nombreux sous-traitants, il m’est plus facile, je l’admets, de m’offusquer.

Mais je me dis aussi que renflouer une économie malade ne légitime pas la politique du pire, en l’occurrence le gavage en armes destructrices de pays minés par le sous-dévelop­pement comme l’Égypte, ou suspectés de crimes de guerre comme l’Arabie saoudite au Yémen.

Et puis, parlons-en de l’emploi ! N’y a-t-il pas d’autres gisements à exploiter que les ventes d’armes pour rendre la France plus active ?

350 000 offres d’emplois non pourvues ; plus d’un million d’artisans prêts à embaucher si on les libère des contraintes administratives ; l’opportunité historique de la transition énergétique ; les promesses de l’économie solidaire capable de créer du travail dans tous les interstices de la vie sociale…

Seulement, pour doper ces secteurs d’avenir, il faut réduire encore les charges des entreprises, simplifier le code du travail, mettre le paquet sur l’apprentissage, réformer vraiment notre État.

Bref, faire preuve d’autant de courage que de vision à long terme. Autant de qualités qui font défaut à nos marchands de canons !

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Paru le 2 août 2018

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