La révolte des "bouseux"

agrandir «  80 % du territoire se vide à grande vitesse  », lancent des parlementaires du monde rural.
« 80 % du territoire se vide à grande vitesse », lancent des parlementaires du monde rural. © Miriam Dörr / Fotolia.com
«  80 % du territoire se vide à grande vitesse  », lancent des parlementaires du monde rural.
« 80 % du territoire se vide à grande vitesse », lancent des parlementaires du monde rural. © Miriam Dörr / Fotolia.com

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, revient sur l’appel de 51 parlementaires qui fustigent « l’abandon des bouseux » par les élites de notre pays.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 07/01/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6893, du 8 janvier 2015

Personne ne les attendait en ce début d’année. Peu familiers des sorties médiatiques tonitruantes, leur « coup de gueule » a des allures de jacquerie imprévue. Dans un appel, 51 parlementaires, issus pour la plupart du monde rural, fustigent « l’abandon des bouseux » par les élites de notre pays.

«  80 % du territoire se vide à grande vitesse, lancent-ils. D’un côté, on s’entasse dans les grandes villes et sur les côtes. De l’autre, les écoles ferment, puis les petits commerces, puis les services publics, et enfin le bourg lui-même. »

Difficile d’échapper à ce constat sur une partie du territoire où la vie se délite. Mais impossible, aussi, de verser dans le désespoir définitif. Longtemps grand reporter pour Pèlerin, j’ai eu la chance de parcourir cette France rurale, certes pour en relater les crises, mais plus encore pour y traquer les promesses de développement.

Alors que j’entamais, il y a près de trente ans, ces plongées au fond des terroirs, des livres évoquaient déjà « le désert français », décrivaient « les champs du départ » et traçaient une « diagonale du vide » entre les Ardennes et les Landes. Seulement, en trois décennies et sur un tiers de leur surface, ces mêmes espaces en déshérence ont regagné de la population : jeunes couples et retraités à l’affût d’une vie de voisinage et de qualité, télétravailleurs et entrepreneurs de proximité. 

Vidéo. Reportage sur l’un des parlementaires signataires de la pétition.

 

La preuve que rien n’est perdu ! A condition d’utiliser les bons leviers. Or, si l’action publique reste essentielle pour le désenclavement numérique, routier ou ferroviaire, le maintien des équipements éducatifs et de santé, force est de constater que l’état ne peut pas tout… et même de moins en moins, vu ses finances exsangues.


Plutôt que de s’accrocher à leur Trésor public ou leur Poste ouverte toute la journée, les élus feraient mieux de défendre leurs artisans, commerçants ou entrepreneurs agricoles, véritables créateurs de richesses et d’emplois locaux

→ me confiait récemment le responsable d’une chambre  des métiers en Auvergne.

De fait, et à l’image de la France entière, c’est d’un formidable coup de pouce à l’activité dont ont besoin tous ces acteurs ruraux. Allégement du boulet des charges et de la fiscalité, simplification drastique des normes et règlements, relance de l’apprentissage et réduction du millefeuille territorial… la voilà, l’oxygène des campagnes !

Vos commentaires

0 Commentaire Réagir

Paru le 20 septembre 2018

Notre Librairie

Voyages et croisières