La leçon de Robert Schuman

agrandir Une des intuitions du Robert Schuman : « L’Europe se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. »
Une des intuitions du Robert Schuman : « L’Europe se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. » © Rawpixel/Fotolia.com
Une des intuitions du Robert Schuman : « L’Europe se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. »
Une des intuitions du Robert Schuman : « L’Europe se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. » © Rawpixel/Fotolia.com

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, revient sur la crise grecque en revenant le modèle européen prôné par l’un de ses pères fondateurs, Robert Schuman.

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À propos de l'article

  • Créé le 21/07/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6921, du 23 juillet 2015

C’était il y a un mois. J’étais en voyage avec des lecteurs de Pèlerin sur les pas de Robert Schuman (1886-1963).

Du Luxembourg de sa jeunesse à sa demeure mosellane de Scy-Chazelles près de Metz, en passant par le Parlement européen de Strasbourg, un périple au fil de la pensée de ce grand chrétien, qui puisa dans l’Évangile la force d’une folle audace politique.

À la source de son engagement, une certitude :


Le seul motif justifiant qu’un homme puisse exercer un pouvoir sur un autre homme, c’est le service de celui-ci.

Au cœur de l’action de sa vie, une intuition : « L’Europe se fera par des réalisations concrètes créant d’abord des solidarités de fait. » Ainsi commença-t-il par placer la production franco-allemande de charbon et d’acier sous une autorité commune, afin de rendre toute guerre entre les deux pays « matériellement impossible ».

Ses successeurs ont créé l’euro. Un nouvel outil de concorde et de progrès, mais qui n’était surtout pas une fin en soi !

L’Europe, pour Robert Schuman, ne devait pas rester une entreprise purement économique : « Il lui faut une âme », affirmait-il. D’où son refus d’un ensemble « étriqué se confinant dans des réalisations matérielles », d’un « îlot de prospérité égoïste refermé sur lui-même ».

D’où son appel aux pays membres pour qu’ils acceptent une « vérité amère » : leurs moyens ne sont plus à l’échelle de leurs besoins et il leur faut s’entraider les uns les autres, « sans distinction de puissance et de rang ».

Tous ces mots me sont revenus face à la crise grecque. Non pour me désoler, car l’entraide et l’appel à l’effort ont gagné face à la tentation du repli et le refus de la discipline commune. Mais pour espérer davantage : vite, face à la mondialisation qui effraie et aux drames du monde qui rappellent que la paix n’est jamais acquise, achevons l’œuvre de Schuman !

Cela passe encore par du concret : la convergence des politiques sociales et fiscales afin de créer un socle de minima sociaux au bénéfice des plus fragiles ; une gouvernance plus démocratique pour des institutions légitimes ; l’union bancaire pour nous préserver des crises à venir ; le renforcement des politiques d’immigration et de défense commune. Une tâche à la hauteur des raisons d’espérer !

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Paru le 20 septembre 2018

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