La laïcité oui, le laïcisme non !

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Une photo de la crèche qui aurait dû être installée à l’entrée du Conseil général de Vendée et remplacée par une plante verte à la suite d’une plainte. © Capture écran France TV Info.
Une photo de la crèche qui aurait dû être installée à l’entrée du Conseil général de Vendée et remplacée par une plante verte à la suite d’une plainte.
Une photo de la crèche qui aurait dû être installée à l’entrée du Conseil général de Vendée et remplacée par une plante verte à la suite d’une plainte. © Capture écran France TV Info.

Benoît Fidelin, rédacteur en chef à Pèlerin, se penche sur le vade-mecun de l’Association des maires de France (AMF) concernant la « neutralité » doit doivent faire preuve les édiles à l’égard des religions.

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À propos de l'article

  • Créé le 02/12/2015
  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6940, du 3 décembre 2015

Et c’est reparti ! Après leur offensive de printemps, voici que les ultra-laïcs de tous horizons politiques redonnent de la voix cet automne.

Souvenez-vous, c’était il y a six mois : un ancien président de la République, bien calé dans la roue des extrêmes, s’attaquait aux repas dits de substitution dans les cantines scolaires.

Une affiche de spectacle était censurée dans le métro parisien sous prétexte qu’elle mentionnait les chrétiens d’Orient. Et un maire était fustigé, publiquement, pour avoir témoigné, à titre privé, de sa foi lors d’une réunion paroissiale.

Rebelote au mois de novembre, mais dans un climat autrement plus tendu. Cinq jours après les attaques terroristes de Paris, l’Association des maires de France (AMF) publie un vade-mecum où elle enjoint nos édiles à une « neutralité » sans appel vis-à-vis des religions avec, notamment, la mise à l’index des crèches de Noël dans les mairies et des plats de remplacement dans les cantines.

Loin de moi l’idée de nier les sollicitations dont ces élus font l’objet de la part de croyants radicaux ou identitaires, désireux d’imposer leur joug à la République.

En outre, pour avoir écrit un livre sur le « métier  » de maire fort de quarante portraits réalisés sur le terrain, pour avoir aussi animé, plus récemment, une réunion d’élus chrétiens s’interrogeant sur la notion de bien public face à l’expression débridée des intérêts particuliers, je mesure leur solitude et leurs difficultés face à de telles revendications. Mais ce n’est pas le document de l’AMF qui va les aider à apaiser les tensions !

D’abord, parce que museler les religions et les bouter hors de la sphère publique peut entraîner, de manière refoulée, leur expression violente et incontrôlée. Mais surtout parce que ce texte confond laïcisme et laïcité.

De grâce, Messieurs les ténors de l’AMF si prompts à dégainer quand il s’agit de défen­dre l’esprit de la République, ne trahissez pas celui de la loi de 1905, gardienne de la liberté d’expression des religions quand ­celles-ci ne troublent pas l’ordre public et n’entravent pas la liberté d’autrui.

Il y est écrit que « la neutralité de l’État n’implique pas qu’il nie le fait religieux » : un appel à troquer votre laïcité de surveillance contre une laïcité de bienveillance, au grand profit de la paix sociale.


J’ai oublié de vous dire
Je viens d’apprendre que 2015 pourrait être l’année la plus chaude jamais enregistrée. Pas étonnant que j’aie sué à grosses gouttes, ces deux derniers mois, en venant travailler à vélo à la rédaction de Pèlerin… plus que jamais mobilisée cette semaine sur la question cruciale du climat.

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Paru le 20 septembre 2018

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