Une pâque commune

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Détail du "Retable de La Mesta", par de Duccio di Buoninsegna (1255-1319). © Electa / Leemage
Détail du "Retable de La Mesta", par de Duccio di Buoninsegna (1255-1319).
Détail du "Retable de La Mesta", par de Duccio di Buoninsegna (1255-1319). © Electa / Leemage

En cette Semaine sainte, Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef à Pèlerin revient sur la célébration de Pâques qui, cette année, est fêtée le même jour, le dimanche 20 avril 2014, par tous les chrétiens.

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À propos de l'article

  • Créé le 16/04/2014
  • Publié par :Antoine D'Abbundo
  • Édité par :François Boulard
  • Publié dans Pèlerin
    6855, du 17 avril 2014.

Une heureuse conjonction calendaire veut que, cette année, les Églises d’Occident et d’Orient, et donc tous les chrétiens – catholiques, protestants et orthodoxes – célèbrent Pâques, la fête des Fêtes, le même jour, dimanche 20 avril 2014.

L’événement est assez rare pour s’en réjouir : depuis le début du XXIe siècle, cette occurrence n’a eu lieu que trois fois, en 2004, 2010 et 2011 et ne devrait pas se reproduire avant 2017 et 2025, pour en rester à des dates à hauteur d’homme.

Pour le simple croyant, cette manière dispersée de rendre le même témoignage au Christ crucifié et ressuscité demeure souvent mystérieuse. Elle a pourtant une explication historique, passablement compliquée, il est vrai.

D’après l’évangéliste Jean, Jésus est mort le jour de la pâque juive, c’est-à-dire au 14e jour de Nisan, premier mois de l’année lunaire adoptée par les juifs. C’est sur cette base qu’en 325, le concile de Nicée fixe la date de Pâques au premier dimanche après la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps.

►Son. Écoutez l’édito d’Antoine D’Abbundo, rédacteur en chef à Pèlerin.

 

Mais si la règle est commune pour tous, le calendrier utilisé en Orient et en Occident est différent. Nos frères orthodoxes continuent, en effet, de baser leur liturgie sur le calendrier dit julien, en « retard » de treize jours sur le nôtre, dit grégorien, car imposé en 1582 par le pape Grégoire XIII. D’où ce décalage, constant entre les fêtes fixes, plus aléatoire entre les fêtes mobiles.

Vous êtes perdus ? Moi plus que vous. Uni depuis bientôt vingt ans à une épouse d’origine russe et de foi orthodoxe, je puis témoigner que cette situation confuse n’aide pas à vivre l’œcuménisme au quotidien que nous essayons de pratiquer à la maison et autour de nous.

Mais est-ce seulement une question de dates ? Ce 20 avril 2014, j’aurai ainsi l’embarras du choix. Le choix : celui de célébrer Pâques, en famille, entre la paroisse – catholique – de Sainte-Anne de la Butte-aux-Cailles, Paris XIIIe et l’église – orthodoxe – de Saint-Séraphin-de-Sarov, Paris XVe.

Double bonheur. L’embarras : celui de constater, cette année encore, que si nous aimons le même Dieu, il n’est toujours pas possible de communier ensemble, en Lui. Double peine.

En attendant ce jour où nous serons vraiment « un », au-delà de nos différences, peut-être pourrions-nous saisir cette occasion d’une pâque commune pour nous inviter les uns les autres à nous asseoir à la même table et partager le pain fraternel.

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Paru le 2 août 2018

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