France-Allemagne : la mésentente cordiale

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France-Allemagne : la mésentente cordiale © Eric Garault
France-Allemagne : la mésentente cordiale
France-Allemagne : la mésentente cordiale © Eric Garault

C'est sur la scène européenne que se joue la réussite ou l'échec de ce début de quinquennat.

Dossier

Nos éditos

Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 15/04/2014
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Gilles Donada
  • Publié dans Pèlerin
    6756, du 24 mai 2012.

Après une campagne plus qu'agitée, les Français regardent, entre curiosité et attente, le nouveau pouvoir prendre ses marques. À l'Élysée comme à Matignon, on affiche ostensiblement sa "normalité" et les ministres ont été invités à se couler dans les ors de la République avec toute la modestie requise en temps de crise. 

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, le sait : cette période d'entre-deux que l'on appelle état de grâce ne va guère durer. Paradoxalement, c'est sur la scène internationale que se joue, en grande partie, la réussite ou l'échec de ce début de quinquennat. 

Le premier défi de taille auquel sont confrontés le Président et son gouvernement est de trouver, d'urgence, une solution à la crise de la zone euro qui menace, à tout moment, d'imploser. 

Ce scénario catastrophe est à prendre très au sérieux : sur fond de chaos politique, la panique bancaire qui touche de plein fouet la Grèce rend désormais plus que plausible une faillite du pays. Ce qui aurait des conséquences incalculables, non seulement pour les Grecs, mais pour l'ensemble d'un système financier européen déjà fragilisé. 

Pour y remédier, François Hollande réclame une Europe plus solidaire et engagée. Il espère convaincre ses partenaires sinon de renoncer aux politiques d'austérité, jugées inefficaces et socialement désastreuses, du moins d'y adjoindre un volet relance, seul capable à ses yeux de renouer avec la croissance. 

Or, sur ce point, force est de constater que le président français et la chancelière allemande ne sont pas sur la même longueur d'onde. Lors de leur première rencontre à Berlin, le 15 mai, les deux n'ont d'ailleurs pas cherché à dissimuler leur cordiale mésentente. 

"Mettons toutes les propositions sur la table", réclame François Hollande. "D'accord pour la croissance, mais à condition de ne pas la financer par la dépense publique", réplique Angela Merkel pour qui la maîtrise de la dette reste la ligne jaune à ne pas franchir. Reste à savoir qui remportera ce duel diplomatique.

S'il gagne, François Hollande s'imposera comme le leader européen qui a fait plier l'Allemagne. S'il échoue, "le changement, c'est maintenant" n'aura été qu'un slogan de campagne.

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Paru le 2 août 2018

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