Entre équilibre et équilibrisme

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Antoine d'Abbundo © William Beaucardet
Antoine d'Abbundo
Antoine d'Abbundo © William Beaucardet

Cette semaine, Pèlerin publie un dossier spécial Retraites pour décrypter la réforme proposée par le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Une mission "relevée avec un sens de l'équilibre qui confine parfois à l'équilibrisme", selon Antoine d'Abbundo, rédacteur en chef de Pèlerin.

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À propos de l'article

  • Créé le 04/09/2013
  • Modifié le 03/09/2013 à 12:00
  • Publié par :Antoine d'Abbundo
  • Édité par :Alice Meker
  • Publié dans Pèlerin
    6823, paru le 5 septembre 2013.

Au sortir de la guerre, la France a développé un système de retraites aussi original que précieux.

À rebours du chacun pour soi, ce système par répartition organise une solidarité entre générations, les actifs s'engageant à ce que leurs aînés puissent profiter de leurs vieux jours dans un minimum de dignité.

Mais ce dispositif est miné par une démographie défavorable, une crise de l'emploi durable et l'impéritie de dirigeants qui ont trop souvent préféré, avec notre consentement, mener la politique de l'autruche.

Le cocktail est explosif : malgré quatre réformes au forceps - menées par la droite -, le déficit cumulé des différents régimes pourrait atteindre les 200 milliards d'euros en 2020. Il était donc urgent de désamorcer la machine infernale.

C'est ce qu'ont fait, avec habileté, François Hollande et son Premier ministre. L'opération était délicate.

Comment ramener les comptes à l'équilibre sans compromettre le capital compétitivité de nos entreprises et sans trop toucher au porte-monnaie des contribuables ?

Comment convaincre son aile gauche, les syndicats et son électorat que des « efforts » sont nécessaires, quand on était, hier, arc-bouté sur la défense des « acquis sociaux » ?

Cette mission impossible, Jean-Marc Ayrault l'a relevée avec un sens de l'équilibre qui confine parfois à... l'équilibrisme. Efficace, sa réforme ne l'est que provisoirement.

La hausse modérée des cotisations n'assurera que le rétablissement temporaire des comptes du seul régime général. Mais quid du déficit des régimes fonctionnaires et complémentaires, glissé sous le tapis ?

Juste, cette réforme ne l'est qu'en partie. Certes, on peut saluer les mesures promises en faveur des travailleurs soumis à des tâches pénibles, des femmes, des jeunes, des petites retraites...

Mais rien n'a été entrepris pour régler le problème des régimes spéciaux et de la convergence public-privé. Quant à la question de la durée de cotisation, elle a été remise à plus tard, reportant le fardeau sur les générations à venir.

Il faudra d'ailleurs qu'un jour le pays s'interroge sur le sens du « travailler plus longtemps » quand les plus jeunes peinent à trouver un emploi et les seniors à le conserver.

Pour ma part, j'ai fait mon petit calcul : je partirai à la retraite en 2028 ! Merci de vos encouragements...

Il faudra qu'un jour on s'interroge sur le sens du « travailler plus longtemps »...

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Paru le 2 août 2018

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