Vendredi saint ou dimanche de Pâques ?

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Cette semaine, Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin souhaite redonner un peu d'espoir dans une actualité si sombre.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 24/03/2016
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
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On pourrait croire qu’écrire un éditorial pour le numéro de Pâques de Pèlerin est une tâche facile.

Ce devrait l’être. Pâques, c’est l’espérance, la lumière, la victoire de la vie sur la mort.

Autour de ce jour, on peut habituellement broder sur le retour du printemps, les recettes de gigot et le savoir-faire des maîtres chocolatiers. On peut aussi évoquer les traditions : la chasse aux œufs, les cloches qui reviennent de Rome, la bénédiction urbi et orbi du pape en Mondovision.

Malheureusement, cette année, l’actualité semble vouloir s’arrêter au vendredi.

Vendredi saint, l’obscurité, le scandale du mal, la souffrance de l’innocent.

Voilà que c’est effectivement Vendredi saint sur Terre pour beaucoup de monde en ce moment. Pour les réfugiés, les victimes d’attentats ou les chômeurs.

Vendredi saint aussi avec l’affaire du scandale de la pédophilie dans le diocèse de Lyon.

Benoît XVI puis le pape François ont édicté des règles strictes ; en France, depuis quinze ans, l’Église de France avait instauré des consignes claires. Et pourtant le cas lyonnais montre qu’il existe encore des situations mal gérées.

Dramatique ! Et surtout, ne nous trompons pas de débat : le plus grand scandale est celui des abus subis par les enfants ; les questions survenues ces derniers jours – « Le cardinal Barbarin est-il victime d’un acharnement médiatique ? » « Doit-il démissionner ? » « Certains n’en profitent-ils pas pour accabler l’Église ? » – sont, elles, secondes.

Car, bon sang, l’émotion suscitée par cette affaire n’a rien de surprenant. Notre société supporte moins que tout autre chose  ce qu’elle perçoit comme des écarts entre paroles et actes.

Or le discours catholique sait insister sur le respect de la famille et des enfants tandis qu’une certaine théologie du ministère presbytéral exalte le prêtre comme figure du Christ. Comment s’étonner alors que l’opinion s’émeuve lorsqu’elle apprend que certains cas d’abus sexuels commis par des prêtres semblent avoir été traités avec une inconséquence funeste ?

Plus jamais ça ! Saluons donc les évêques français qui, à la fin de leur assemblée de Lourdes, ont annoncé une nouvelle édition de leur livret « Lutter contre la pédophilie » et le renforcement de leur cellule de veille. Pas question de rester dans l’obscurité d’un vendredi, la clarté doit être faite.

Au cœur de cette actualité compliquée tout comme au travers d’événements internationaux trop souvent tragiques,  ne nous résignons pas : le Vendredi saint ne doit pas être la fin de l’histoire ; le dimanche de Pâques reste notre horizon.

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Paru le 2 août 2018

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