Supportrice déçue

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L'édito d'Anne Ponce. © Eric Garault
L'édito d'Anne Ponce.
L'édito d'Anne Ponce. © Eric Garault

Le 27 avril 2011, Mediapart créé la polémique en publiant des extraits d’une réunion de la Fédération Française de Football selon laquelle plusieurs dirigeants, ainsi que Laurent Blanc, auraient approuvé le principe de quotas discriminatoires dans le monde du football. Cette affaire n'est que le dernier symptôme d'une dérive : le foot perd son âme.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 13/05/2014
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Marine Bisch
  • Publié dans Pèlerin
    6702, du 12 mai 2011.

C'est une supportrice déçue qui écrit aujourd'hui. J'ai toujours été fan de football, depuis qu'enfant, j'allais voir jouer le FC Metz avec mon père au stade Saint-Symphorien : nous encouragions les Grenats avec enthousiasme, à une époque où une équipe au budget modeste pouvait encore rivaliser avec les plus grandes.

Aujourd'hui cependant, j'ai du mal à reconnaître mon sport favori. Ces jours-ci, c'est l'« affaire des quotas » qui agite l'opinion publique : la Fédération française de football est soupçonnée de vouloir limiter le nombre de joueurs binationaux dans les centres de formation.

À vrai dire, je ne pense pas que Laurent Blanc soit raciste et j'ai du mal croire à la mise en place effective de quotas : l'enquête en jugera. Cela dit, la façon dont le monde du foot s'englue dans cette polémique me désole.

Cette affaire n'est, en fait, que le dernier symptôme d'une dérive : le foot perd son âme. En cause : surtout le football professionnel qui se comporte désormais moins en sport qu'en spectacle et en business.

L'argent a pris le pouvoir, la violence (verbale et parfois physique) rode trop souvent dans les tribunes, la course aux transferts mobilise les joueurs parfois davantage que l'amour du maillot. Débat futile, pensez-vous ?

En réalité, les questions qui agitent régulièrement le monde du football ne font que catalyser certaines des interrogations de la société française : dans notre pays, qu'en est-il du respect des règles, de la dérive de la violence, de la place des jeunes d'origine modeste dans la société, de l'intégration des populations d'origine étrangère ou encore de notre conception de la nation ?

Le foot est donc à l'image de la société. Logique : il rassemble près de 2 millions de licenciés, sans compter les supporters, les pratiquants des rues, des champs ou des cours de récréation. Il reste aussi, pour beaucoup d'enfants, une école de l'esprit d'équipe et un lieu de socialisation.

On comprend alors que le monde du football passionne aussi bien médias que sociologues et... hommes politiques. En dépit de ces querelles, n'oublions pas que taper dans un ballon reste un plaisir simple, à partager sur une belle pelouse ou un simple mur de garage. Alors, malgré tout, le week-end prochain, j'irai échanger quelques balles avec mes fils dans le jardin : pour certains, le football reste un jeu.

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Paru le 2 août 2018

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