Des migrants dans ma paroisse

agrandir Lors d'une manifestation en soutien aux migrants à Paris le 5 septembre 2015.
Lors d'une manifestation en soutien aux migrants à Paris le 5 septembre 2015. © CITIZENSIDE/PATRICE PIERROT / citizenside.com
Lors d'une manifestation en soutien aux migrants à Paris le 5 septembre 2015.
Lors d'une manifestation en soutien aux migrants à Paris le 5 septembre 2015. © CITIZENSIDE/PATRICE PIERROT / citizenside.com

Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, revient sur l'accueil des migrants en France et l'importance des petits gestes de fraternité.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 21/10/2015
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Aude Loyer-Hascoët
  • Publié dans Pèlerin
    6934 du jeudi 22 octobre 2015

C’était lundi soir de la semaine dernière. Il faisait froid, il faisait nuit et j’avais une longue journée de travail derrière moi. Donc, à vrai dire, je n’avais pas très envie de ressortir de la maison pour aller à cette réunion de 20 h 30 dans les salles de la paroisse.

Quelques jours auparavant, le prêtre avait proposé une rencontre à ceux qui s’étaient manifestés pour répondre à l’appel du pape François d’accueillir une famille de réfugiés. Dans un élan d’enthousiasme (... et bien sûr par fidélité au pape !) j’avais répondu que l’on pouvait compter sur moi.

Mais vous savez comment cela se passe. Quand arrive le jour dit, on se sent parfois mollir. Bon… j’y suis allée quand même. Vous voulez savoir pourquoi ? Curieusement je me suis imaginée dans dix ans, répondant à la question

Et toi, où étais-tu pendant que des migrants sombraient en Méditerranée ? Et toi, qu’as-tu fait de tes frères syriens ? 

J’ai donc choisi d’affronter la nuit et le froid plutôt que de m’entendre avouer un jour : « Il y avait bien l’appel du pape François mais je n’ai pas bougé parce que j’étais fatiguée et que j’avais mille autres choses à faire… »

Me voilà donc dans une salle paroissiale et – surprise –pas moins d’une trentaine de personnes se sont déplacées. De tous âges. Nous apprenons qu’une famille de chrétiens syriens est déjà arrivée dans la commune et les idées fusent. Chacun propose selon ses moyens et ses compétences : des cours de français, un vélo, du suivi administratif, des vêtements chauds, une visite amicale, une aide financière, etc.

La directrice du collège catholique est là aussi : elle annonce que la fille aînée de la famille vient d’être accueillie dans l’établissement et que le prestataire de la cantine a offert un an de repas. Devant ces élans, je me sens admirative : n’est-ce pas à cela que l’on reconnaît les justes ?

Ces gestes de fraternité ne sont-ils pas de ceux qui sauvent le monde, même dans les situations les plus difficiles ? Je sais aussi que cette mobilisation se répète dans d’autres paroisses, d’autres associations, d’autres communautés religieuses.

Chaque semaine à Pèlerin, nous recevons les échos de cette solidarité de terrain. Lundi soir, au sortir de la réunion, j’ai eu l’impression qu’il faisait nettement moins nuit et nettement moins froid.

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Paru le 2 août 2018

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