Campagne présidentielle : on se calme !

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Entrée du palais présidentiel de l'Elysée © LIONEL BONAVENTURE / AFP
Campagne présidentielle : on se calme !
Entrée du palais présidentiel de l'Elysée © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Éditorial de Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin.

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Les éditos d'Anne Ponce

À propos de l'article

  • Créé le 06/03/2017
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Laurence Faure
  • Publié dans Pèlerin
    7006 du Jeudi 9 mars 2017

J’en ai connu des campagnes électorales mais celle-là, c’est le pompon. Plus que jamais, cette présidentielle alimente les conversations. Les discussions sont souvent serrées, voire tendues ; parfois même – n’est-ce pas ? – pour éviter de s’écharper, on sent qu’il faut bifurquer vers des sujets plus anodins comme la météo ou le programme télé.

Dans le courrier des lecteurs de Pèlerin aussi, on sent monter la température : certains nous reprochent de ne pas avoir assez soutenu François Fillon, d’autres disent que ce candidat les a déçus, beaucoup expliquent leur sidération devant la tournure prise par la campagne. Il faut dire que les repères gauche-droite sont brouillés, et qu’il n’y pas une semaine sans rebondissements. Bref, selon l’expression actuelle, « ça part en vrille ».


On sent monter la température : certains nous reprochent de ne pas avoir assez soutenu François Fillon, d’autres disent que ce candidat les a déçus


Alors, stop, on se calme ! Personnellement, les diatribes antisystème de certains candidats, fourre-tout destinés à nous séduire, me tapent… sur le système. Hystériser la campagne me semble irresponsable tandis que la désignation de boucs émissaires, longtemps l’apanage de l’extrême droite, se répand de façon inquiétante : haro sur « les fonctionnaires », « les réfugiés », « les juges » ou « les médias »…


Enfin (là, c’est mon côté catho), ne vous prenez pas pour le Messie : merci, j’ai déjà ce qu’il me faut et le pouvoir n’est pas le salut


Franchement, où peuvent bien nous mener ces généralisations ? Je m’adresse donc aux candidats. Ne comptez pas sur moi pour voter par dépit, ras-le-bol ou volonté d’en découdre. Épargnez-nous les rodomontades. Nous avons besoin d’un projet avec de l’ambition, pas de promesses irréalisables. Dites ce que vous allez faire, puis faites ce que vous dites ; et, surtout, ne vous étonnez pas que l’on vous attende à la hauteur des beaux principes que vous défendez.

Enfin (là, c’est mon côté catho), ne vous prenez pas pour le Messie : merci, j’ai déjà ce qu’il me faut et le pouvoir n’est pas le salut. Maintenant, pourrait-on vraiment débattre des programmes ? De la façon de combattre le chômage, résorber les déserts médicaux, assurer la sécurité, prendre la mesure de la révolution numérique et de la transition écologique, construire une société juste et solidaire ? Car, figurez-vous, il y a des tas de gens que cela intéresse. Donc, oui, on se calme. 

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Paru le 20 septembre 2018

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