"Misericordia et misera" : un nouveau pas pour la miséricorde

agrandir Le 20 novembre 2016, le pape François ferme la porte sainte de la basilique Saint Pierre, à Rome, pour marquer la fin du Jubilé de la miséricorde.
Le 20 novembre 2016, le pape François ferme la porte sainte de la basilique Saint Pierre, à Rome, pour marquer la fin du Jubilé de la miséricorde. © TIZIANA FABI / AFP
Le 20 novembre 2016, le pape François ferme la porte sainte de la basilique Saint Pierre, à Rome, pour marquer la fin du Jubilé de la miséricorde.
Le 20 novembre 2016, le pape François ferme la porte sainte de la basilique Saint Pierre, à Rome, pour marquer la fin du Jubilé de la miséricorde. © TIZIANA FABI / AFP

Dimanche, le pape François a refermé les montants de la porte sainte de la basilique Saint-Pierre, pour clore symboliquement le Jubilé de la miséricorde. Mais la miséricorde n’a pas dit son dernier mot : dès le lendemain, ce lundi 21 novembre, était rendue publique la lettre apostolique du pape François « Misericordia et misera ».

À propos de l'article

  • Publié par :Christophe Henning
  • Édité par :Cécile Picco
  • Publié dans Pèlerin
    21 novembre 2016

« Misericordia et misera ». C’est à saint Augustin que le pape emprunte cette formule. Docteur de l’Église, il commentait la fin de l’évangile de la femme adultère (Jn 8) : tous ceux qui la condamnaient s’étant retirés l’un après l’autre, il ne restait plus que la femme et Jésus, la misère et la miséricorde.

Lettre apostolique adressée au peuple de Dieu, ce beau texte est empreint de douceur et de proximité. Le pape François rappelle que la miséricorde est première :

« La miséricorde ne peut être une parenthèse dans la vie de l’Église, mais elle en constitue l’existence même, qui rend manifeste et tangible la vérité profonde de l’Évangile. »

Comment, dès lors, vivre la miséricorde ? « Aucun d’entre nous ne peut poser de conditions à la miséricorde, avertit François. Nous ne pouvons donc pas courir le risque de nous opposer à l’entière liberté de l’amour par lequel Dieu entre dans la vie de chacun. » Refusant toute « théorie de la miséricorde », le pape fixe les grandes lignes de cette miséricorde en actes qui commence par l’approfondissement de la source, à savoir la Parole de Dieu, à laquelle chaque communauté pourra consacrer  un dimanche entier « pour comprendre l’inépuisable richesse du dialogue permanent entre Dieu et son peuple. »

Le sacrement de réconciliation est une autre expression de la miséricorde : le pape conforte les prêtre envoyés comme « missionnaires de la miséricorde » durant l’année jubilaire, et étend à tous les prêtres « la faculté d’absoudre le péché d’avortement », qualifié de « péché grave », mais « il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu ». Confession, encore, reconnue valide, même quand elle est pratiquée auprès des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X.

L’accueil inconditionnel et miséricordieux de chacun est aussi évoqué par le pape dans un paragraphe consacré à la famille, et on ne peut s’empêcher d’y voir une allusion à la communion des divorcés remariés quand il invite à « un discernement attentif, profond et clairvoyant, de sorte que nul ne soit exclu, quelle que soit la situation dans laquelle il vit, et qu’il puisse (…) participer à vie de la communauté. »

Enfin, le pape François n’oublie pas la dimension sociale de la miséricorde, qui s’exprimera notamment par une « journée mondiale des pauvres » lors du 33e dimanche du temps liturgique ordinaire.


Loin d’être un texte isolé, cette nouvelle lettre adressée au peuple de Dieu est l’une des expressions de « l’Évangile de la miséricorde » que ne cesse de proclamer le pape argentin.

On pense naturellement à son exhortation publiée après le synode des familles Amoris Laetita dans laquelle, notamment, le pape invitait l’Église à faire preuve de miséricorde. Dans un entretien publié vendredi dans le quotidien catholique l’Avvenire, le pape confiait :


« Quelques-uns continuent à ne pas comprendre, [pour eux] c’est soit blanc soit noir, alors que c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner. C’est ce que nous a dit le Concile ».

Et le pape poursuivait dimanche, lors de son homélie : « Demandons la grâce de ne jamais fermer les portes de la réconciliation et du pardon, mais de savoir dépasser le mal et les divergences, ouvrant toute voie d’espérance possible ».

Et le pape François de conclure sa lettre avec force : « Voici venu le temps de la miséricorde pour tous et pour chacun, pour que personne ne puisse penser être étranger à la proximité de Dieu et à la puissance de sa tendresse. »


Vos commentaires

1 Commentaire Réagir

Misericorde

penelope 23/11/2016 à 20:41

Certes, notre Saint-père est tout à fait dans son rôle de prêcher le pardon pour toutes les fautes, mais l'acte de contrition appuie bien sur le fait de " ne pas recommencer et faire pénitence "; Qu'en sera t il si la faute se renouvelle ... lire la suite

Paru le 15 novembre 2018

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