Migrants en Méditerranée : sauvés !

En juillet et août 2015, le photographe Christophe Stramba-Badiali a navigué comme volontaire sur l’Argos, un bateau mis à la disposition de Médecins sans frontières pour secourir des réfugiés partis de Libye pour rallier l’Italie. Son récit, en images, en dit long sur la tragédie qui se joue en Méditerranée.

Migrants : le défi politique, les réponses pratiques

À propos de l'article

  • Créé le 22/09/2015
  • Publié par :Sabine Harreau
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6930, du 24 septembre 2015

Quand Christophe Stramba-Badiali évoque la mort, sur un bateau de réfugiés, de la maman du petit garçon qu’il a photographié, ses yeux s’embrument. L’émotion est encore vive.

En participant aux missions de sauvetage de Médecins sans frontières (MSF) sur les côtes libyennes de Méditerranée, il a été bouleversé par les épreuves vécues par des migrants prêts à tout pour gagner l’Europe.

Le plus souvent originaires d’Afrique de l’Ouest, ces hommes, femmes et enfants, vivaient en Libye où l’on trouvait facilement du travail. Mais depuis la révolution de 2011, le pays est tombé dans le chaos et ces étrangers font l’objet de racisme, de violence et de persécution les obligeant à quitter le pays. 

Ils sont parfois jusqu’à 700 à s’entasser dans de vieux rafiots ou des bateaux pneumatiques de mauvaise qualité, la peur au ventre car ils ne savent pas nager, et après avoir payé à prix d’or leur traversée à des passeurs.

Pour les récupérer, des bateaux et des navires militaires sillonnent les côtes libyennes, comme l’Argos, un porte-containeur appartenant à la compagnie Bourbon, qui l’a mis à la disposition de MSF, avec son équipage ukrainien. Ils sont alertés par le Maritime Rescue Coordination Center (MRCC), basé à Rome, qui coordonne tous les secours.

« MSF met un point d’honneur à ne pas parler de migrants mais de passagers, souligne Christophe Stramba-Badiali. Et pendant les opérations de sauvetage, nous ne portions ni masque ni combinaison. Combien de gens, émus, épuisés, nous avons pris dans nos bras à leur arrivée sur le pont ! ‘C’est la première fois depuis des semaines qu’on prend soin de nous ‘, nous disaient-ils ».

Christophe reconnaît que cette expérience sur l’Argos a été dure, intense, traumatisante.

C’est très fort de rendre compte de l’itinéraire dramatique de ces personnes, en les photographiant et en les écoutant raconter de ce qu’ils ont enduré. 

Plusieurs d’entre eux lui ont dit : « J’accepte de te parler pour que tu puisses témoigner de ce qui nous est arrivé. »


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Les 6 pages de Grand Angle que consacre Pèlerin  n° 6930, du 24 septembre 2015.

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Paru le 6 décembre 2018

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