Impossible de se débiner

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Des réfugiés, en Méditerranée secourus par une équipe de Médecins sans frontières. © Christophe Stramba-Badiali / Haytham Pictures
Des réfugiés, en Méditerranée secourus par une équipe de Médecins sans frontières.
Des réfugiés, en Méditerranée secourus par une équipe de Médecins sans frontières. © Christophe Stramba-Badiali / Haytham Pictures

Anne Ponce, directrice de la rédaction de Pèlerin, en appelle à l’action face à l’afflux des migrants en Europe.

Migrants : le défi politique, les réponses pratiques

À propos de l'article

  • Créé le 23/09/2015
  • Modifié le 25/09/2015 à 10:24
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6930, du 24 septembre 2015

Il va falloir sortir de cette phase de sidération. Le plus rapidement possible. Bannir l’affolement. Et vite. Car la crise des réfugiés est en train de nous faire perdre la tête.

Clairement, nous filons un mauvais coton. L’Europe est divisée, les gouvernements acculés, les opinions publiques perdues. Trop d’hommes (et de femmes) politiques se comportent en fonction de ce qu’ils imaginent être l’attente de leurs électeurs ou la stratégie de leurs rivaux, et non en fonction de ce qu’exige la situation. Cela n’augure rien de bon. Car il y a certes moult occasions où se vérifie la maxime d’Henri Queuille (président du Conseil sous la IVe République) :


Il n’y a pas de problème qu’une absence de solution ne finisse par résoudre.

Mais il y a aussi quelques grands rendez-vous de l’Histoire qu’il est impossible de rater. Avec la crise des réfugiés, il me semble que nous sommes dans un de ces moments-là.

Chaque pays doit décider d’ouvrir – ou pas – ses frontières et selon quelles modalités. Chaque gouvernement doit décider s’il joue – ou pas – le jeu de la solidarité européenne. Chaque paroisse est invitée à répondre – ou pas – à l’appel du pape François d’accueillir une famille de réfugiés. Pas moyen de se débiner : il faut faire ses choix.

Évidemment, l’ampleur de la crise et sa complexité sont déstabilisantes. Il y a les réfugiés, qui fuient la guerre et les persécutions, ainsi que les migrants économiques. Accueillir les uns et pas les autres ? Sur quels critères ? Comment agir contre les passeurs qui profitent de la détresse de ces pauvres gens ? Quelle action diplomatique ? Envisager une opération militaire en Irak et en Syrie ? Quels programmes de développement en Afrique ?

Oui, les questions sont difficiles. Et oui, l’Europe et les responsables politiques sont tiraillés entre des impératifs contradictoires, des situations économiques et sociales variées et des opinions publiques hésitantes. À un niveau personnel, chacun peut d’ailleurs aussi se sentir écartelé entre son cœur et ses peurs. Mais on ne vient pas à bout d’une crise en esquivant les difficultés et il ne nous reste en réalité  qu’une voie : sortir de la sidération et de l’affolement et… faire face !

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Paru le 20 septembre 2018

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