Mgr Luc Ravel publie une lettre pastorale sur les abus sexuels

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Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg © Diocèse de Strasbourg
Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg
Mgr Luc Ravel, archevêque de Strasbourg © Diocèse de Strasbourg

L'archevêque de Strasbourg, monseigneur Luc Ravel, a publié le 7 septembre, une lettre pastorale sur les abus sexuels dans l'Église, intitulée "Mieux vaut tard". Voici l'introduction et la conclusion de ce texte fort, que vous pouvez télécharger, ainsi que le  "Message des évêques du Conseil permanent adressé au peuple de Dieu qui est en France" rendu public le 12 septembre.

À propos de l'article

  • Créé le 11/09/2018
  • Publié par :Mgr Luc Ravel
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    11 septembre 2018

Introduction

Mieux vaut tard que jamais. On connaît ce proverbe efficace. À sa façon, il relève ceux qui baissaient la tête et réveille ceux qui baissaient les bras, les uns et les autres persuadés d’avoir laissé passer le moment pour agir. Mais il indique aussi qu’agir est nécessaire même s’il eût été mieux d’agir avant. L’inaction, habillée du sentiment du « trop tard », serait ce qu’il y a de pire. Mieux vaut se lever tard que jamais. Mieux vaut remercier tard que jamais. Mieux vaut se réformer tard que jamais.
Nous y voilà.

Cette façon énergique de penser qu’il n’est jamais trop tard, même si c’est très tard, concerne avant tout l’Église catholique en 2018 après les révélations (non achevées) des abus sexuels commis par des prêtres catholiques au sein même de leur ministère. À ces révélations répond La lettre au Peuple de Dieu du pape François du 20 août 2018. Avec cette lettre, sévère mais nécessaire, il se pourrait que nous entrions dans une nouvelle vision de ce qu’il nous reste à faire pour avancer au large.

Dans cette deuxième lettre pastorale, je veux reprendre pour toute l’Église en Alsace cet appel du pape à un renouveau profond non seulement du comportement sacerdotal de certains prêtres, ce qui va de soi, mais de l’attitude de toutes les communautés en face de ces catastrophes.

Avant tout, je renouvelle aux victimes ici ma demande de pardon, à l’unisson de toute l’Église qui parle par la voix du pape François :

« J’ai rencontré hier huit victimes d’abus de pouvoir, de conscience et sexuels. Reprenant ce qu’elles m’ont dit, je voudrais mettre devant la miséricorde du Seigneur ces crimes et en demander pardon. Demandons pardon pour les abus en Irlande, abus de pouvoir et de conscience, abus sexuels de la part de membres qualifiés de l’Église. » (Acte pénitentiel de la messe à Dublin, 26 août 2018.)

Les réflexions que je vous partage tournent autour d’une idée maîtresse : ces « affaires » ne sont pas derrière nous. Elles forment notre présent spirituel. Elles nous interdisent de continuer dans le futur sans changer en profondeur, sans se laisser saisir à neuf par le Christ.

<<< Télécharger la lettre pastorale "Mieux vaut tard" >>>

Conclusion

Nous avons ensemble la tâche de donner un sens global à toutes ces affaires ténébreuses, un sens au-delà de la condamnation des dérives personnelles d’un prêtre. On ne peut plus les interpréter comme il y a quinze ans. Il s’agit de porter un diagnostic épidémiologique qui peut expliquer bien des sécheresses et des infécondités de notre Église occidentale. Voilà le sens que j’y vois aujourd’hui.

La parole libérée entraîne d’autres paroles libres. Cette libération de la parole chez les victimes et leurs associations sera peut-être la chance de l’Église pour libérer la parole de l’Annonce, jusque-là enchaînée aux fers du crime. Des chaînes secrètes, invisibles car tenues cachées, retenaient l’Église de courir sur les chemins de la mission malgré des volontés évangélisatrices.

La béatification de Mère Alphonse-Marie Eppinger, le 9 septembre 2018, nous réconforte. La coïncidence est pour le moins heureuse. Car la réponse ultime à ces révélations de faits atroces sera toujours dans la sainteté personnelle, qui réalise ici et maintenant la sainteté de l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.

La Vierge Immaculée ne nous abandonne pas sur ces routes difficiles : elle veille d’abord sur les victimes, ensuite sur nous tous.

Prions-la intensément.


Messages des évêques du conseil permanent adressé au peuple de Dieu qui est en France

Dans la suite du message du pape François adressé à tous les catholiques le 20 août dernier, les évêques réunis pour le premier conseil permanent de rentrée ce 12 septembre adressent un message au peuple de Dieu qui est France.


 

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Paru le 15 novembre 2018

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