Marie, dans le cœur des Lyonnais

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© catherine de Rivaz
Vierge de la montée Saint-Barthélémy et Garillan
© catherine de Rivaz

Lors de la fête des Lumières à Lyon, du 6 au 9 décembre, qui se déroule à l'occasion de la fête de l'Immaculée Conception, pérégrination à la découverte des madones qui ornent la capitale des Gaules.

À propos de l'article

  • Publié par :Pierre-Olivier Boiton
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7097 du 6 décembre 2018

Entre Elle et lui, c'est une longue histoire d'amour, tant Marie fut au côté du peuple lyonnais pour l'épargner des fléaux de l'Histoire : peste (1643), choléra (1832) ou guerre (1870). Épicentre de cet attachement : la colline de Fourvière, où débute notre pérégrination. Sur l'esplanade dominant l'ouest de la ville, rien n'est  trop beau pour manifester l'élan de gratitude, de la majestueuse basilique Notre-Dame de Fourvière à la statue de la Vierge dorée, dont l'inauguration, au sommet de la chapelle attenante, est à l'origine des illuminations du 8 décembre.

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La chapelle attenant à la basilique Notre-Dame de Fourvière est surmontée d'une Vierge dorée. © Fondation Fourvière.


D'autres hommages à Marie s'inscrivent plus humblement dans ce paysage. À l'angle sud-ouest, entre les numéros 1 et 3 de la rue Radisson (ne pas hésiter à lever les yeux), on trouve une copie miniature de la Vierge à l'Enfant installée dans le maître-autel de la basilique toute proche. Contrairement à son modèle orné d'anges et de dorures, une simple niche l'accueille, creusée dans un crépi brut. Derrière ce mur vivent les sœurs de Notre-Dame du Cénacle. Qui, de la statue ou de la communauté religieuse, veille l'une sur l'autre ? Les deux, nous plaît-il à penser.

Saint Pothin à l'origine de la dévotion mariale lyonnaise

Visons l'angle opposé de l'esplanade, pour une évocation tout aussi discrète de Marie. Sur la façade est de la Maison des chapelains, saint Pothin, mort en martyr ici au IIe siècle, tient à la main une icône orientale. On y devine la délicate esquisse d'une Vierge à l'Enfant. Selon la tradition, Pothin serait à l'origine de la dévotion mariale des Lyonnais, en leur ayant apporté, vers 150, une image de Marie.

Empruntons maintenant les jardins dégringolant la colline. Lacets en pente douce, végétation reposante… tout invite à la paix mariale. Jusqu'à leur nom : jardins du Rosaire qui évoque la prière consacrée à la Mère du Christ. Jadis, des oratoires en pierre agrémentaient le sentier pour guider la récitation du chapelet. Au sol, de discrètes roses en bronze offrent encore au pèlerin de marcher en méditant. À la manière de Pauline Jaricot, jeune Lyonnaise qui, au XIXe siècle, fit essaimer la tradition du Rosaire vivant partout dans le monde.

Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous.

En contrebas, c'est sa maison que l'on découvre. Sur le pignon, une représentation de la Vierge, avec l'inscription : « Ô Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous. » Ces mots sont ceux « reçus » par la jeune novice Catherine Labouré, lors des apparitions de la Vierge, rue du Bac, à Paris, en 1830. Ils inspireront à l'Église le dogme de l'Immaculée Conception, fêtée le 8 décembre. Une date chère aux Lyonnais, qui l'ont donc choisie pour leurs illuminations.

Vierge disparue, Vierge moderne…

Poursuivons par le passage Louis-Marie-Billé (du nom de l'ancien cardinal lyonnais), qui rejoint la montée Saint-Barthélemy. Cette longue rue que l'on prend dans le sens de la descente nous mènera jusqu'à la Saône. Au 28, ex-couvent des Récollets, déplorons une « disparition mariale » : en 1912, André George, Lyonnais passionné, signalait là une statue. Seule subsiste la niche… impeccablement restaurée. Au 23, à l'angle de la montée du Garillan, c'est tout l'inverse : dans un métal fait pour résister aux outrages du temps et qui n'enlève rien à la finesse de ses traits, une Vierge moderne, tête inclinée, paumes ouvertes, semble bénir le passant.

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Vierge située au 23 montée St Barthélémy, à l'angle de la montée du Garillan. © Catherine de Rivaz

Plus bas, au 4, la Mère du Christ se dérobe cette fois à notre regard. On apprend que, derrière cette porte, un nimbe de couleur bleue, figurant en creux le visage de Marie, accueille les élèves de l'école Sainte-Marie, la bien-nommée. Au pied de la descente, dans une belle cour Renaissance, une madone subit la rude concurrence d'un buste d'Henri IV. Pour retrouver Marie davantage mise à l'honneur, gravissons, sur la gauche, la montée des Carmes déchaussés. Au 9, notre effort est récompensé par une madone en bas-relief vernissé et polychrome. Un modèle unique en son genre, parmi les 200 que compte encore le territoire lyonnais.

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Vierge à l'Enfant, 9 montée des Carmes déchaussés. © Catherine de Rivaz

Au 17, une Vierge à l' Enfant, « protégée » par deux épais barreaux, semble ici bien à l'étroit. Celle qui nous attend en épilogue de notre circuit est ouverte aux quatre vents. Pour cela, rebroussons chemin afin de déboucher sur la place Saint-Paul. À l'angle des rues Octavio-Mey et François-Vernay, la Vierge à l'Enfant rayonne, fruit – fortuit mais heureux – de l'élargissement du quartier, avec la construction de la gare Saint-Paul au XIXe siècle, et du renouveau du culte marial. Avec Jésus dans les bras, elle semble attendre l'arrivée des voyageurs de la gare qui lui fait face. Marie, au cœur de la ville et dans le cœur des Lyonnais.


Mes conseils

Fête des Lumières : Sept circuits de madones

Initiée en 1989 par la municipalité, elle s'appuie sur la tradition des Lyonnais qui, chaque 8 décembre depuis 1852, déposent sur leurs fenêtres des lumignons en l'honneur de Marie.

Rens. : Fête des lumières et  le site de l'Église catholique à Lyon.

L'association Les madones de Lyon incite les propriétaires à rénover et à sauvegarder les statues de Marie sur les immeubles. Elle propose sept circuits : en visite libre, avec le Guide des madones de Lyon (Éd. Autre vue, 146 p. ; 16 €) ou accompagnée par l'association Les madones de Lyon  Tél. : 04 78 42 58 28 ; page Facebook  et catherine2rivaz@ gmail.com


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Paru le 6 décembre 2018

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