Prière, politique et mariage homosexuel

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Anne Ponce © William Baucardet
Anne Ponce
Anne Ponce © William Baucardet

Le tollé provoqué par la prière proposée par les évêques français pour le 15 août est inquiétant. Est-ce trop demander de pouvoir débattre du mariage homosexuel sans procès d'intention ?

À propos de l'article

  • Créé le 29/05/2013
  • Modifié le 29/05/2013 à 14:00
  • Publié par :Anne Ponce
  • Édité par :Gilles Donada

Eh bien, ça promet... Ou justement non, c'est inquiétant. Quand on voit le tollé provoqué par la prière proposée par les évêques français pour le 15 août, on peut avoir quelques craintes. De quoi s'agissait-il ? D'une "prière pour le pays", conçue exceptionnellement pour être lue dans toutes les églises de France.

Le texte évoquait d'abord les victimes de la crise économique et la nécessité de cultiver le sens du bien commun. Il priait enfin pour "les enfants et les jeunes" : "qu'ils cessent d'être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l'amour d'un père et d'une mère".

Rien de bien révolutionnaire a priori. Sauf que les évêques avaient bien en tête une double intention : envoyer un signe au gouvernement sur le projet de mariage homosexuel et ne pas se laisser prendre de vitesse par des groupes d'extrême droite.

Une prière au cours de la messe de l'Assomption était-elle le bon moyen pour faire passer un message à François Hollande ? Le sujet continue de susciter la discussion parmi les fidèles eux-mêmes. Et, au-delà des chrétiens, quelle affaire !

Les réactions ont été exacerbées :"campagne contre l'homosexualité", "position d'un autre âge", "non-respect de la laïcité". Dans une actualité plutôt calme, la polémique a eu le champ libre. Et c'est ainsi que l'Église catholique s'est à nouveau retrouvée cataloguée dans le camp des "ringards, coincés et réacs"...

Tout cela augure donc bien mal d'un débat serein. Une véritable réflexion serait pourtant légitime : l'ouverture du mariage aux personnes de même sexe touche en effet à la définition même de cette union ainsi qu'au rôle de l'État par rapport au couple et à la famille.

Est-ce trop demander de pouvoir en parler sans procès d'intention ni sarcasmes ? Le gouvernement affiche une volonté de concertation dans plusieurs domaines, social, fiscal, éducatif.

De son côté, l'Église catholique tient à souligner son respect pour les personnes homosexuelles mais veut inviter à une réflexion anthropologique. Dans ces conditions, un vrai débat ne serait-il pas... normal ?

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Paru le 20 septembre 2018

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