A Lyon, un cortège bon enfant défile contre le mariage pour tous

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A Lyon, un cortège bon enfant défile contre la mariage pour tous © Reuters
A Lyon, un cortège bon enfant défile contre la mariage pour tous
A Lyon, un cortège bon enfant défile contre la mariage pour tous © Reuters

Bleu, blanc, rose. Vingt-neuf mille personnes ont hissé haut, samedi 17 novembre à Lyon, les couleurs des opposants au projet de loi sur l'ouverture du mariage et de l'adoption aux couples homosexuels. Témoignages de manifestants.

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  • Modifié le 28/05/2013 à 14:00
  • Publié par :Bénévent Tosseri
  • Édité par :Alice Méker

Une foule dense, que les organisateurs lyonnais espéraient "de toutes générations, de toutes cultures, de toutes sensibilités". "Les débats sociétaux de cette importance ne doivent pas être récupérés par des lobbys", insiste Anne Lorne, l’'une des organisatrices, dont c’'est "le premier engagement. Excepté à la crèche de mes enfants", sourit cette jeune trentenaire, mère de quatre enfants, qui a profité d'un congé maternité pour offrir ses compétences dans l’'événementiel.

"La défense de la famille dépasse les clivages", la rejoint Monique. Cette secrétaire retraitée s’'est époumonée tout l’'après-midi, en reprenant le slogan "un père, une mère, c’est complémentaire. Deux pères, deux mères, enfant sans repère". La sexagénaire n’'avait plus battu le pavé depuis ses jeunes années. "En mai 68", confie cette retraitée, "ni à droite, ni à gauche. Quelles que soient ses convictions politiques, la famille demeure un repère essentiel qu'’il faut défendre", explique-t-elle.

Non loin d’'elle, Jean-Pierre, ancien chauffeur, affiche volontiers ses convictions communistes. Père et grand-père, il dit "s’'inquiéter". Mais, admet-il "je n’'ai pas le sentiment que nous soyons très nombreux à avoir le cœœur à gauche !" De fait, les élus locaux présents, ceints de leur écharpe tricolore, siègent pour l’'essentiel à droite.

La diversité des manifestants était ailleurs. Bras-dessus, bras-dessous, le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, a défilé au côté du recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane. "Nous nous devons d’'être unis, afin que les responsables politiques prennent conscience qu’'une telle évolution sociétale ne peut passer par la force, estime ce dernier. Un dialogue est nécessaire." Retrait du texte de loi, lancement d'Etats généraux de la famille, voilà pour le mot d'ordre unitaire, porté dans le calme.

Aucun slogan politique n'’est prononcé. Pas plus que des slogans religieux, sinon les lazzis anticléricaux lancés par des contre-manifestants ou de simples passants, auxquels les participants, catholiques, pour l'essentiel, ont répondu par des sourires ou des applaudissements. "Il ne doit y avoir aucune ambiguïté, insiste Marc. Nous ne défilons pas contre les homosexuels, mais pour la défense de la famille, poursuit cet ingénieur venu avec femme et enfants. Il faut garder ce cap si nous voulons nous faire entendre par le gouvernement et les parlementaires. Et surtout de l'opinion publique, afin que nous soyons encore plus nombreux lors du prochain rassemblement", programmé le 13 janvier prochain. A Paris, cette fois. 
■ Regardez le reportage de la chaîne locale LCM-marseille sur les manifestations à Lyon.

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Paru le 20 septembre 2018

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