Quand la PMA fait polémique dans le projet de loi sur le mariage homosexuel

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Quand la PMA fait polémique dans le projet de loi sur le mariage homosexuel © Tanya Constantine/Getty images "Les personnes représentées n'ont aucun rapport avec le sujet traité"
Quand la PMA fait polémique dans le projet de loi sur le mariage homosexuel
Quand la PMA fait polémique dans le projet de loi sur le mariage homosexuel © Tanya Constantine/Getty images "Les personnes représentées n'ont aucun rapport avec le sujet traité"

La question de la PMA heurte de plus en plus profondément une grande majorité de Français. Notre sondage, sur ce point, le confirme : dix points de perdus en quelques mois.

À propos de l'article

  • Créé le 06/06/2013
  • Modifié le 06/06/2013 à 12:00
  • Publié par :Timothée Duboc
  • Édité par :Caroline A. Chabir

Une "médecine de convenance"

Si la PMA devenait accessible aux couples de femmes, ses finalités actuelles seraient en effet bouleversées. « On passerait d'une médecine de soins à une pratique satisfaisant des demandes personnelles ou de convenance », considère le docteur Chadi Yazbeck, responsable clinique du centre d'assistance médicale à la procréation de l'hôpital Bichat, à Paris.

Pour ce gynécologue-obstétricien, il serait dès lors souhaitable que « les médecins puissent faire valoir une clause de conscience pour refuser des actes contraires à leur éthique, comme cela existe déjà pour l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ».

Des revendications imprévues

Par ailleurs, un tel amendement susciterait d'épineuses revendications imprévues. Certains juristes évoquent ainsi les demandes des femmes seules. « Des femmes en couples hétérosexuels pourraient aussi prétendre à bénéficier, la quarantaine passée, du don d'ovocyte d'une femme plus jeune, afin d'augmenter les chances de survenue d'une grossesse », souligne pour sa part Dominique Descamps-Mini, avocate, spécialiste du droit de la santé.

L'association française Procréation médicalement anonyme, qui regroupe des enfants de couples hétérosexuels issus d'un don de gamètes, prône le principe de précaution : « Envisager l'accès à l'assistance médicale à la procréation pour de nouveaux couples, de nouvelles formes de parentalité, nous paraît insensé à ce stade : tirons au préalable les leçons du passé », alerte Audrey Gauvin, sa présidente.

Vers la légalisation de la grossesse pour autrui ?

Dernier point : à partir du moment où l'on ouvre la PMA aux couples de femmes, les couples d'hommes mariés vont réclamer la légalisation de la GPA, faisant valoir l'argument d'égalité ».

Une perspective qui alarme Chadi Yazbeck, gynécologue : « Le principe des mères porteuses est inhumain, juge ce médecin. Les études mettent en lumière les interactions précoces entre la mère et le fœtus : le lien mère-enfant ne doit pas être rompu à la naissance. De plus, c'est la porte ouverte à la marchandisation du corps de femmes, qui plus est souvent en grande détresse. »

Une solution : proposer un vrai débat

On le voit, les multiples questions soulevées par l'ouverture de la PMA aux couples de femmes méritent un vrai débat. En l'occurrence, une bonne nouvelle est toujours possible.

Après l'annonce, le 3 janvier, par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, et la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, qu'un projet de loi sur la famille et la filiation serait déposé en mars, le chef du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, pourrait renoncer au dépôt de cet amendement contre l'engagement du gouvernement d'inscrire dans ce prochain texte de loi cette question, au prix, cette fois, d'un vrai débat.

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Paru le 2 août 2018

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