Philippe Douste-Blazy, ancien maire de Lourdes : « Un lieu qui se respecte, quoi qu’on en pense »

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Philippe Douste-Blazy © Bertrand Langlois / AFP
Philippe Douste-Blazy
Philippe Douste-Blazy © Bertrand Langlois / AFP

Né à Lourdes, Philippe Douste Blazy en devient le maire en 1989 puis il est réélu en 1995. C’est ici qu’il a ses souvenirs d’enfance, son père et son grand-père ayant toujours habité. Il est aujourd’hui président d’Unitaid.

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À propos de l'article

  • Créé le 08/08/2013
  • Publié par :Madeleine Vatel-Follot
  • Édité par :Estelle Couvercelle

Pèlerin. En quoi Lourdes est-il un lieu qui vous interpelle ?
Philippe Doutes-Blazy. Le vrai miracle de Lourdes, c’est qu’il y a six millions de pèlerins qui viennent chaque année. Et ce qui est étonnant : sans que jamais cela ne tarisse, avec des personnes de plus en plus jeunes, toujours joyeuses.

Ce lieu est la fête des pauvres. Quand j’étais petit, j’allais voir mon grand-père à la cité Saint-Pierre, le lieu d'accueil du secours catholique qu’il avait créé avec Mgr Jean Rodhain. Il avait donné le terrain pour permettre aux personnes aux maigres ressources financières, d’être accueillies en pèlerinage à Lourdes. A l’âge de 17 ans, j’ai été brancardier.

Que penser du commerce alentour ?
Lourdes est un lieu d’espoir extraordinaire. C’est un lieu qui se respecte, quoi qu’on en pense. Il est très facile de s’en moquer. Et c’est pourquoi, lorsque des journalistes venaient pour une interview, et que parfois sur la route menant à l’aéroport, ils s’amusaient de Lourdes et de ces souvenirs, je m’arrangeais toujours pour qu’ils aient un moment au sanctuaire. Au bout de deux heures, quand je venais les retrouver, ils étaient devenus blancs, parfois livides, en tout cas marqués. On ne doit pas toucher à Lourdes. On doit respecter ce lieu, les gens viennent prier parce qu’ils sont malades.

Lors de votre mandat, avez-vous eu des visites surprenantes ?
En tant que maire, j’étais averti lorsque des chefs d’Etat ou de gouvernement venaient à Lourdes. Et j’ai toujours été étonné de la diversité des personnalités qui viennent, incognito. Riches ou pauvres, de toutes couleurs politiques, parfois les derniers que l’on s’attendait à voir ici.

Quels souvenirs aimeriez-vous raconter ?
J’ai deux souvenirs qui m’ont particulièrement marqués. Un jour on m’a appelé pour me prévenir qu’un avion se poserait à 21 h 30. Il s’agissait de l’évêque de Gdansk, en Pologne, et de Lech Walesa, le leader de Solidarnosc. Ils sont restés prier de 22 h 30 à 6 h 30, puis ils sont repartis sans que personne ne le sache. C’était un mois avant la chute du mur de Berlin.

Un autre souvenir, c’est lorsque Jean-Paul II est venu à Lourdes en août 2004. La tradition veut que ce soit le président qui l’accueille et le Premier ministre qui le raccompagne. Mais Dominique de Villepin a eu un empêchement et m’a demandé de prendre sa place. Au moment où le pape s’apprête à partir, je le rejoins dans une pièce où nous sommes seuls. Je lui demande comment il se sent, il me répond : "Je sais que vous êtes médecin, mais ne vous fatiguez pas. Je suis juste venu dire au revoir à ma mère."Le pape est décédé quelques mois plus tard. »

 Vidéo. Jean-Paul II à Lourdes. Source : Les Sanctuaires de Notre-Dame de Lourdes. Durée : 15 minutes.

 

► Retrouvez d'autres témoignages dans Pèlerin n° 6819-6820, du 8-15 août 2013.

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Paru le 2 août 2018

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