Quand "Le Pèlerin" pèlerinait, il y a cent quarante ans

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Trois numéros de "Pèlerin" de l'année 1901, avec en une la statue de Notre-Dame de Salut. © Archives de la Bonne Presse
Trois numéros de "Pèlerin" de l'année 1901, avec en une la statue de Notre-Dame de Salut.
Trois numéros de "Pèlerin" de l'année 1901, avec en une la statue de Notre-Dame de Salut. © Archives de la Bonne Presse

Créé dans l'élan des premiers pèlerinages, l'hebdomadaire Pèlerin est à la fois une aventure humaine et un défi dans le temps. Retour sur la naissance du bulletin à l'origine du groupe Bayard, lancé par la congrégation des Augustins de l'Assomption.

À propos de l'article

  • Créé le 08/08/2013
  • Publié par :Yves Pitette
  • Édité par :Estelle Couvercelle

« Le vagabondage religieux n'avait pas d'intensité sous l'Empire. En 1873, on avait vu de nombreux pèlerins. On les toléra et on fit bien car, en 1874, on ne parle plus de ces manifestations, malgré les efforts combinés du Conseil général des pèlerinages et d'un organe spécial, Le Pèlerin, pour réchauffer le zèle des fidèles.

On s'est décidé à abandonner les grottes plus ou moins miraculeuses à leur solitude naturelle. » Ce qu'on lit à l'article Pèlerinage de l'édition 1874 de La grande encyclopédie Larousse témoigne, outre l'anticléricalisme de son rédacteur, Pierre Larousse, des premiers pas du Pèlerin d'aujourd'hui. Lequel, on pouvait s'en douter, ne porte pas ce nom tout à fait par hasard.

La sévère défaite de 1870, le traumatisme de la Commune de Paris et, au moins pour les catholiques, la prise de Rome par les Italiens - faisant, à ce moment, du pape une sorte de « prisonnier » du Vatican -, ont été largement ressentis en France comme la punition de fautes nationales, la conséquence d'un large abandon de la foi traditionnelle.

D'où un spectaculaire mouvement d'expiation collective : prières publiques et pèlerinages dans les multiples sanctuaires du pays... Cent cinquante parlementaires soutiendront, le 29 juin 1873, la consécration de la France au Sacré-Cœur que le sénateur de Belcastel prononce à Paray-le-Monial.


C'est pour "travailler au salut de la France" que les assomptionnistes parisiens ont créé, en janvier 1872, une association qui sera la matrice de nombreuses œuvres spirituelles et sociales. Ils la baptisent Notre-Dame de Salut.

L'Assemblée nationale, où siège une majorité plutôt monarchiste, va même déclarer d'utilité publique la construction de la basilique du Sacré-Cœur sur la colline de Montmartre, à Paris, à peine deux semaines après le lancement du Pèlerin, le 12 juillet 1873, et au moment où se déroule à Lourdes le premier Pèlerinage national lancé par les religieux assomptionnistes...

La relance des pèlerinages fait en effet partie de l'ambition de réévangélisation et d'affirmation des catholiques dans l'espace public, qui anime cette toute jeune congrégation. C'est pour « travailler au salut de la France » que les assomptionnistes parisiens ont créé, en janvier 1872, une association qui sera la matrice de nombreuses œuvres spirituelles et sociales. Ils la baptisent Notre-Dame de Salut.

Vidéo. Présentation du Pèlerinage national. Source : KTO.

 

Le premier pèlerinage qu'ils organisent se rend en août 1872 à La Salette (Isère), qui est alors le sanctuaire marial le plus fréquenté. Malgré quelques incidents au passage de Grenoble, c'est un succès, et on en profite pour créer un Conseil général des pèlerinages. Il coordonnera ce grand mouvement qui entraîne des foules vers les nombreux sanctuaires du pays.

Ce Conseil, que dirige un assomptionniste, le P. François Picard, a très vite besoin d'un bulletin : ce sera Le Pèlerin .Il s'agit alors plutôt d'un bulletin de liaison hebdomadaire sans prétention, en petit format, qui s'adresse à tous ceux qui sont concernés par les pèlerinages et leur organisation : imprimé à Paris, place du Panthéon, on n'y trouve que des articles et des informations touchant aux sanctuaires et aux pèlerinages.


Nous obéissons aux deux plus nobles sentiments qui dominent toute vie humaine, écrit l'abbé Tilloy dans le premier numéro de Pèlerin : l'amour de l'Église et l'amour de la France, la foi et le patriotisme. 

Pas de photos dans les journaux à cette époque, bien sûr, tout au plus des gravures ou des dessins, d'ailleurs utilisés avec parcimonie dans les petits journaux, vu le prix de la gravure à réaliser pour les imprimer.

L'intérieur d'un train de malades en partance pour Lourdes

L'intérieur d'un train de malades en partance pour Lourdes.

L'atelier et la rédaction sont hébergés dans les locaux de la communauté assomptionniste, 8 rue François-Ier. Le principal rédacteur est aussi assomptionniste, le P. Germer-Durand, un moment aidé par un laïc, M. Gondry du Jardinet, et un prêtre, l'abbé Tilloy, aumônier du lycée Descartes.

L'ambition de départ se limite donc à accompagner les pèlerinages, et singulièrement le tout nouveau Pèlerinage national, dans le but de sauver la France : « Nous obéissons aux deux plus nobles sentiments qui dominent toute vie humaine, écrit l'abbé Tilloy dans le premier numéro : l'amour de l'Église et l'amour de la France, la foi et le patriotisme. »

Vidéo. Le sens des pèlerinages. Sources : KTO en 2012. Durée : 51 minutes.

 

► Lire la suite de l’article dans Pèlerin n°6819-6820, du 8-15 août 2013.

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Paru le 2 août 2018

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