Fraternités monastiques de Jérusalem au Mont-Saint-Michel : "Apprenons à nous laisser accueillir par le Christ"

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Clôitre de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. © Stéphane Compoint
Clôitre de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
Clôitre de l'abbaye du Mont-Saint-Michel. © Stéphane Compoint

Chaque jour, c’est avant tout le Christ qui nous accueille et nous invite à nous laisser accueillir.

Cette méditation sur le thème de l’hospitalité est proposée par une sœur des Fraternités monastiques de Jérusalem au Mont-Saint-Michel.

Bien souvent, nous prenons le temps d’accueillir nos invités d’un soir ou nos hôtes de quelques jours : préparer une jolie table, imaginer un menu, choisir une belle tenue…

Comme nous aimons recevoir chez nous généreusement, joyeusement, et combien ces moments nous font grandir et ces rencontres dilatent nos cœurs ! Inconsciemment ou non, à travers celui que nous accueillons, c’est bien le Seigneur que nous recevons ; alors, ouvrons notre Bible pour y méditer quelques passages où le Seigneur est reçu par les siens.

D’abord dans l’Ancien Testament, Abraham reste la figure de celui qui accueille avec empressement le Seigneur (Gn 18, 1-8). Contemplons-le, assis sous le chêne de Mambré, regardons-le se lever, courir et se prosterner devant ces "trois hommes" en qui il reconnaît le Seigneur.

Quelle vivacité, malgré la chaleur du jour, pour se hâter de préparer du pain, courir vers le troupeau y choisir un veau tendre, apprêter une table pour donner à manger à ses hôtes de passage à l’improviste !

Plus familièrement, peut-être, relisons ce passage où Jésus est accueilli chez Simon (Lc 7, 44-50). Une femme s’approche de Jésus, baise ses pieds, y verse du parfum avant d’y essuyer ses larmes avec ses cheveux.

Cet amour déployé d’une femme pécheresse donne à Jésus de l’accueillir dans sa miséricorde. Oui, recevons notre hôte comme si c’était le Seigneur lui-même que nous accueillions : "Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25, 40).

Et Jésus lui-même, le Seigneur tout-puissant, se fait humble serviteur en lavant les pieds de Pierre à la veille de sa Passion (Jn 13, 1-16). Il nous invite à l’imiter en nous faisant les humbles serviteurs de nos frères, car "c’est un exemple que je vous ai donné pour que vous fassiez vous aussi comme moi j’ai fait pour vous" (Jn 13, 15).

Mais chaque jour, c’est avant tout le Christ qui nous accueille et nous invite à nous laisser accueillir en nous invitant à la table de l’eucharistie pour se donner lui-même à nous en plénitude.

Apprenons à nous laisser accueillir en nous approchant de l’autel, avec nos pauvretés, nos richesses, nos épreuves et nos joies, pour recevoir au plus profond de notre cœur Celui qui chemine à nos côtés et éclaire notre route au cours de ce grand pèlerinage de notre vie qui nous conduit au royaume de Dieu, à la table messianique.

"Beaucoup viendront du levant et du couchant prendre place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob dans le royaume des Cieux" (Mt 8, 11).

Des pistes pour méditer

→ Pour accueillir un hôte de passage, comment est-ce que je prépare mon cœur ? Quelle place y laissé-je pour m’ouvrir à lui, quitte à me laisser parfois bousculer, changer par lui ?
→ Est-ce que je me laisse moi-même accueillir en vérité, dans la simplicité, ou est-ce que j’arrive avec mes désirs, mes envies, sans laisser de place à l’inattendu ?
→ Pendant ma méditation, je sollicite l’hospitalité du Seigneur. Ai-je le désir de lui offrir non pas seulement ce qui est beau, propre et rangé dans mon cœur, mais aussi mes pauvretés, mes faiblesses, pour qu’il les accueille et les transfigure – comme on le ferait avec un ami qui nous ouvre la porte de sa maison et de son cœur ?

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Paru le 4 octobre 2018

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