Nicolas Hulot sensibilise le Vatican aux urgences environnementales

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Nicolas Hulot et le cardinal Parolin au Vatican, décembre 2014. © Dominique Lang
 Mgr Poalin et Nicolas Hulot au Vatican, décembre 2014.
Nicolas Hulot et le cardinal Parolin au Vatican, décembre 2014. © Dominique Lang

Nicolas Hulot s’est rendu le 17 décembre 2014 auprès du Vatican. L’envoyé spécial du gouvernement multiplie les rencontres pour mobiliser toutes les autorités autour des urgences environnementales. Elles seront au cœur des négociations du sommet sur le climat prévu à Paris, début décembre 2015.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 31/12/2014
  • Publié par :Dominique Lang
  • Édité par :Estelle Couvercelle
  • Publié dans Pèlerin
    6892, du 2 janvier 2015

Pèlerin. Le dernier sommet sur le climat à Lima (Pérou) vient de s’achever sur un bilan en demi-teinte. N’est-ce pas inquiétant pour la future rencontre à Paris ? 

Nicolas Hulot

© Thierry Pasquet / Signatures

Nicolas Hulot. Ce sommet de Lima en décembre 2014 a montré que les États avancent encore divisés, alors que nous devons agir ensemble. Bien sûr, il y a de petites éclaircies comme cet accord que Chinois et Américains ont voté il y a quelques semaines. Mais la négociation bilatérale n’est pas la bonne stratégie. L’un des échecs du sommet de Lima est de n’avoir pas réglé la question des financements qui doivent permettre les solidarités concrètes avec les pays en développement.

En quoi les autorités spirituelles peuvent-elles influer sur ces débats techniques ?
N. H. Ce qui m’intéresse c’est de créer une impulsion suffisante pour une large prise de conscience. Or ni les autorités politiques ni les instances économiques n’en sont capables aujourd’hui. Seules les autorités spirituelles et religieuses peuvent permettre cet élan. Il s’agit d’écrire l’Histoire et non pas de la subir. Depuis quelques mois, j’ai l’impression que les Églises, en France notamment, prennent de plus en plus la mesure de ce défi, comme l’a montré par exemple le discours de clôture de l’Assemblée des évêques à Lourdes récemment.

Quels ont été les moments forts de votre visite auprès des responsables de la curie romaine ? 
N. H.  Parmi d’autres, je retiens la chaleur de l’accueil de Mgr Vincenzo Paglia, président du Conseil pontifical pour les familles. Avec lui, nous partageons un même souci pour les générations futures. Je lui ai rappelé qu’avec l’accélération des phénomènes climatiques, les problèmes que nous évoquons vont concerner des générations qui sont déjà en train de naître et non pas nos lointains descendants. La mobilisation des familles est donc essentielle. Avec Mgr Paglia, mais aussi avec le secrétaire d’État, le cardinal Parolin, j’ai senti que nous étions en profond accord sur l’importance des mois à venir.

La publication d’une prochaine encyclique du pape François sur le sujet tombe donc au bon moment ? 
N. H. Il m’a en tout cas été confirmé que cette encyclique, en cours d’élaboration, s’annonce bien pour le printemps prochain. Et suffisamment tôt pour qu’elle puisse aussi avoir un impact sur les discussions en cours. Ce texte officiel va obliger les catholiques à entrer dans le vif du sujet. Mais pour qu’il ait une portée universelle, il faudrait que le pape pose un geste aussi fort que celui qu’il a manifesté en se rendant à Lampedusa (Italie). Nous sommes quelques-uns à suggérer qu’il puisse venir, avec d’autres représentants religieux, lancer un grand appel à la mobilisation de toutes les consciences au Mont-Saint-Michel, ce lieu où nature, culture et spiritualité se rencontrent de manière si extraordinaire. Mais, pour l’heure, on ne sait pas encore si le voyage du pape en France se fera en 2015 ou 2016.


En quoi le dérèglement climatique doit-il nous préoccuper, alors que la crise économique semble être le souci premier de nos concitoyens ? 
N. H. Ce que j’explique partout où je passe, c’est qu’il ne s’agit pas d’un sujet important parmi d’autres : il s’agit du sujet majeur des décennies à venir. Car il va conditionner tous les autres, vu l’ampleur des phénomènes qu’il déclenche, de la géopolitique à l’économie, en passant par la solidarité et la paix dans le monde. C’est aussi pour cela que je suis en train d’organiser un prochain déplacement du président Hollande fin février 2015, avec une délégation de personnalités, aux Philippines, un pays cruellement touché par des typhons de plus en plus violents. Je me réjouis de voir que le pape François,  lors de son prochain voyage en Asie, s’arrêtera lui aussi dans ce pays (du 15 au 19 janvier 2015). Lors de cette visite, nul doute qu’il s’exprimera avec force sur ce sujet crucial.



Un sommet crucial et une encyclique attendue

La France accueillera, du 30 novembre au 11 décembre 2015, la 21e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, au Bourget (Seine-Saint-Denis).

Une rencontre qui rassemblera des représentants de près de 200 pays et de nombreux représentants de la société civile. Cette conférence devrait idéalement aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous, dans l’objectif de maintenir le réchauffement mondial en deçà de 2°C.

Depuis quelques mois, la rédaction d’une encyclique évoquant notre rapport à l’environnement est en cours. Sa publication est prévue, selon certaines sources romaines, pour début avril 2015 au plus tôt et avant l’été dans tous les cas.



A lire aussi

Mgr Vincenzo Paglia

Les propos de Mgr Vinvenzo Paglia, président du conseil pontifical sur la famille, aumônier général du mouvement San’Egidio.

► Dans Pèlerin, n° 6892, du 2 janvier 2015.

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Paru le 18 octobre 2018

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