Les pèlerins de la terre : des convertis à l'agroécologie

Respecter davantage la santé et l'environnement tout en gardant des rendements élevés pour nourrir la planète : c'est le credo des paysans convertis à l'agroécologie. À l'occasion du Salon de l'agriculture, Pèlerin est allé à la rencontre de ces agriculteurs du XXIe siècle.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Publié par :Benoît Fidelin
  • Édité par :Geoffrey Defebvre

Dans les campagnes et les zones périurbaines, nombre de paysans vivent, aujourd’hui, une véritable phase de « conversion ». Après avoir longtemps travaillé dans une optique de croissance forte et exploité à fond la terre et ses ressources naturelles, ils réalisent que ce modèle productiviste n'’est plus tenable, à terme, pour l’'environnement, la santé humaine et la vitalité même de leur territoire.

Vidéo. Pierre Rabhi diffuse l'agroécologie en Afrique. Source : Alqarra Tv.

 

D’où leur choix d’'un autre mode de vie et d’'un développement plus humain, durable et écologique. Tous ont en commun un lien direct avec la terre et la volonté de mieux vivre en cohérence avec elle. Voici quelques exemples d'agroécologie.

Contrôler la consommation d'eau

Éric Martineau, 45 ans, exploite 21 hectares de vergers dans le village de Chenu, véritable grenier à pommes de la Sarthe. Afin d'économiser l'eau, l'arboriculteur a installé une station météo au milieu des arbres. Équipée de capteurs qui plongent dans la terre jusqu'à 60 cm, elle l'informe en temps réel de l'état hydraulique du sol, lui permettant de n'apporter que ce dont les pommiers ont besoin, au gré d'une irrigation ciblée au goutte-à-goutte. Résultat : sa consommation d'eau a baissé de moitié en dix ans.

Aérer les sols grâce aux vers de terre

Philippe Pastoureau, 42 ans, cultive cent hectares de blé, d'orge, de colza, de maïs, de ray-grass pour nourrir son troupeau de cinquante vaches laitières et son élevage de poulets et de pintades. Il a favorisé le retour des lombrics en laissant à la surface de ses terres les résidus d'anciennes cultures et en semant des plantes comme la féverole, les petits pois et les lentilles. En s'en nourrissant, les vers créent des dizaines de milliers de galeries verticales, jusqu'à un mètre de profondeur. Elles aèrent le sol, permettent une meilleure infiltration de l'eau et facilitent l'enracinement des plantes.

Suffire à sa propre production

Dans la Mayenne, au nord de Laval, Loïc Chauvin, 46 ans, a lui aussi choisi de se démarquer. Alors que, dans son département, les éleveurs laitiers cultivent du maïs sur plus de 40 % de leur surface agricole en moyenne, lui n'y consacre que 9 % de son exploitation de 34 hectares. Tout le reste est en prairies composées de graminées très énergétiques et de légumineuses fortes en protéines, afin de nourrir de façon équilibrée ses trente vaches laitières qui produisent 150 000 litres de lait par an.

► Écoutez notre journaliste Benoît Fidelin parler des pèlerins de la terre sur France Info dans l'émission C'est mon boulot, présentée par Philippe Duport, jeudi 21 février 2013 à 10 h 50, 16 h 45 et 20 h 20.


6795 Les pèlerins de la terre

Retrouvez l'intégralité du reportage Les pèlerins de la terre, de Benoît Fidelin, dans Pèlerin n° 6795, du jeudi 21 février 2013.



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Paru le 4 octobre 2018

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