Le temps des « pèlerins de la terre »

agrandir Anne Didier-Pétremant, responsable de l'association De mon assiette à notre planète, et Jean-Christian Carmont, chef de cuisine au couvent Saint-François, à Paris.
Anne Didier-Pétremant, responsable de l'association De mon assiette à notre planète, et Jean-Christian Carmont, chef de cuisine au couvent Saint-François, à Paris. © Anthony Micallef
Anne Didier-Pétremant, responsable de l'association De mon assiette à notre planète, et Jean-Christian Carmont, chef de cuisine au couvent Saint-François, à Paris.
Anne Didier-Pétremant, responsable de l'association De mon assiette à notre planète, et Jean-Christian Carmont, chef de cuisine au couvent Saint-François, à Paris. © Anthony Micallef

Le mois de prière œcuménique pour la Création touche à sa fin avec la fête de saint François d’Assise, le 4 octobre 2014. Pèlerin se joint à la mobilisation des communautés et des diocèses en organisant, le 5 octobre, la 2e journée des « pèlerins de la terre ».

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Créé le 01/10/2014
  • Publié par :Dominique Lang
  • Édité par :Estelle Couvercelle

«Je ne suis pas un excentrique, mais j’essaye d’œuvrer pour la planète. » Bernard Sorel, 55 ans, a beau dire, il est un homme singulier. D’abord parce qu’il est prêtre. Mais aussi parce qu’il assume un double ministère original : aumônier national belge du monde de l’aéronautique, il est aussi celui des forestiers et des naturalistes !

Résidant du côté de Philippeville, en Belgique, l’homme assume une vocation quasi-érémitique : depuis trente-deux ans, il vit ainsi dans une cabane dans les bois, sans eau ni électricité.

« Je sais qu’en tant que pilote de petits avions de tourisme, je pollue un peu, explique, gêné, le prêtre forestier. Mais vue du ciel, la nature est tellement belle qu’on ne peut que s’extasier. Je pense qu’il faut vraiment apprendre à s’émerveiller, à contempler pour respecter la Création. »

C’est pour cela qu’il emmène régulièrement des personnes handicapées dans son avion : « Pour qu’elles découvrent d’en haut les lacs et les forêts. Et voir ainsi briller leurs yeux. »

Concilier amour de la terre et foi

Des « pèlerins de la terre » comme Bernard Sorel, il est de plus en plus courant d’en rencontrer. Ces hommes et ces femmes qui tentent de concilier leur amour de la terre avec leurs engagements personnels et leur foi.

Depuis longtemps, les journalistes de Pèlerin les côtoient sur tous les terrains : dans le mondes agricole ou celui de l’entreprise, parmi des familles solidaires ou expérimentant de nouveaux modes de vie, avec les simples militants d’associations ou les créateurs de nouveaux modèles économiques.

Paradoxalement, les temps de crises économiques sont aussi des moments de forte créativité sociale. C’est pour en prendre la mesure que Pèlerin organise sa 2e journée, le 5 octobre 2014.

Une journée pour vivre la rencontre de ces « pèlerins » d’un autre genre, chrétiens ou non, qui rappellent que la confiance est possible dans un monde chaotique et que la conversion des cœurs et des pratiques participe d’un même mouvement intérieur.

La multiplication de ces initiatives, dont les pages « Vivre autrement » de notre magazine rendent compte chaque semaine, en dit long de la prise de conscience en cours.

Ces dernières années, des groupes de chrétiens se sont structurés, répondant directement à l’appel des évêques français, lancé en 2012 dans leur document « Enjeux et défis écologiques pour l’avenir ».

On peut citer ainsi, parmi bien d’autres, le groupe Chrétiens et écologie, dans le Loiret, ou celui des Frères missionnaires des campagnes, à La Carneille (Orne) qui se réunissent chaque année le 4 octobre 2014 pour un temps de visites, de réflexions et de célébration.

Mais aussi les membres nantais d’Écologie et paroles de chrétiens, qui animent une formation diocésaine annuelle sur le sujet.

À Paris, les Chrétiens unis pour la terre et le collectif Vivre autrement, animé par Pax Christi-France, ont créé des passerelles avec la démarche du « jeûne mensuel pour le climat ».

À Lyon, le groupe « Oekologia » alterne rencontres au monastère des dominicaines de Taulignan et formations universitaires sur le sujet, dans les pas de Jean Bastaire.

Dans cette même ville de Lyon, la prochaine rencontre de « Chrétiens et pic de pétrole », le 8 et 9 novembre 2014, réfléchira sur la société que nous voulons demain.

Sans oublier le diocèse de Nancy qui organise, pour les prêtres et les acteurs en pastorale, une formation de deux jours sur le lien entre écologie et foi chrétienne. 

Il y a fort à parier que la future encyclique du pape François sur le sujet de l’écologie envisagée d’un point de vue chrétien, qui doit être publiée dans les prochains mois, accélérera encore la mobilisation des catholiques sur le sujet. Et multipliera les « pèlerins de la terre ».



La 2e Journée des « pèlerins de la terre »

Ce rendez-vous, organisé par Pèlerin en partenariat avec Pax Christi-France, se déroule à Paris, au Forum 104 (104 rue de Vaugirard, Paris 6e).

Pour ceux qui le désirent, il démarre par la célébration dominicale à 10 h 30. Une célébration où la figure de saint François d’Assise, patron des écologistes, sera particulièrement honorée.

Après un repas partagé avec ce que chacun aura apporté, l’après-midi, de 14 h à 18 h, se déroulera sous formes de rencontres avec des personnes qui ont commencé à agir, dans différents domaines : biodiversité, modes de vie, alimentation, réflexion théologique, etc. Cette rencontre entre chrétiens et non-chrétiens veut favoriser la prise de contact et la mobilisation commune.

Inscriptions : communication@paxchristi.cef.fr ; 01 44 49 06 36 

Tarifs : 10 € /adulte ou 15 €/couple.



► A lire dans Pèlerin, n° 6879, du 2 octobre 2014 des portraits de « pèlerins de la terre ».

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Paru le 18 octobre 2018

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