L’'Église défend les énergies renouvelables

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Parc éolien en Allemagne. © Dirk Ingo Franke / CC/ Wikipedia
Parc éolien en Allemagne.
Parc éolien en Allemagne. © Dirk Ingo Franke / CC/ Wikipedia

Quel est le point de vue de l'Église sur le nucléaire et les énergies renouvelables ? Explications de Dominique Lang, prêtre assomptionniste, spécialiste de développement durable.

Pèlerins de la Terre

À propos de l'article

  • Modifié le 12/11/2015 à 17:00
  • Publié par :Frédéric Niel
  • Édité par :Frédéric Niel

© Bruno Lévy

Dominique Lang © Bruno Lévy

Pèlerin. L’Église catholique a-t-elle une position sur le nucléaire ?
P. Dominique Lang, cofondateur des Cahiers de Saint-Lambert. Pas officiellement. Mais les choses changent avec Benoît XVI. L'Église fait de l'écologie un nouveau pan de sa doctrine sociale. S'il ne parle pas explicitement du nucléaire dans sa dernière encyclique, le pape y appelle clairement au développement des énergies renouvelables.

L’'Église n’'a donc jamais émis d’'avis officiel ? 
Non. En 1977, à l'occasion des manifestations contre la construction de la centrale de Creys-Malville, en Isère, Mgr Gabriel Matagrin, alors évêque de Grenoble, avait bien rédigé une lettre pastorale sur « l'enjeu nucléaire et l'avenir de notre société ». Mais il ne prenait pas parti et se contentait de déplorer l'absence de débat sur les choix nucléaires, si importants pour l'avenir de notre société.

Pourquoi ce silence ?
Pour l'Église, au fond, le nucléaire civil était une technologie comme une autre. Du moment que des experts l'utilisaient avec précaution, elle faisait partie de ces techniques qui vont dans le bon sens car elles améliorent la vie des hommes sur la Terre. Mais à force de voir l'œoeuvre de Dieu dans ce monde marqué par les progrès techniques, l'Église a perdu son sens critique.

Est-ce aussi le cas des protestants ?
Non. Plus proches de la société civile, ils ont d'emblée marqué leur défiance face au nucléaire. Au risque, parfois, de positions caricaturales, ils continuent, en Allemagne et en France, de s'opposer à la poursuite des politiques énergétiques basées sur le nucléaire.

En somme, les catholiques se convertissent au développement durable et au respect de l’environnement…
Ils mesurent que les fameux progrès d'hier, si favorables dans un premier temps à notre niveau de vie, peuvent avoir des effets néfastes et même destructeurs à long terme, non seulement pour la nature, mais aussi pour la vie humaine.

Confrontés, comme tout le monde, à la hausse du prix du pétrole, à la pollution, aux atteintes à la biodiversité et à la mauvaise qualité de certains aliments, les catholiques prennent conscience de l'urgence de consommer autrement. L'abondance, c'est fini ! D'où la nécessité de vivre davantage dans la sobriété... en élargissant le temps du Carême !

► Dans l'encyclique Caritas in veritate, Benoît XVI aborde la question des ressources énergétiques et de l'écologie  (chapitre intitulé "Fraternité, développement, économique et société civile", paragraphes 48 à 52) :

"Aujourd’hui’, les questions liées à la protection et à la sauvegarde de l’environnement doivent prendre en juste considération les problématiques énergétiques. [...] L’Église a une responsabilité envers la création et doit la faire valoir publiquement aussi. Ce faisant, elle doit préserver non seulement la terre, l’eau et l’air comme dons de la création appartenant à tous, elle doit surtout protéger l’homme de sa propre destruction. Une sorte d’écologie de l’homme, comprise de manière juste, est nécessaire." (§ 49 et 51)

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Paru le 18 octobre 2018

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