Mgr Martinelli : "Après le début des frappes, la plupart des chrétiens ont quitté la Libye"

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Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli. © FLAMINIA NOBILI/CPP
Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli.
Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli. © FLAMINIA NOBILI/CPP

Le 21 août 2011, les insurgés libyens ont pris la capitale Tripoli, annonçant la chute probable du colonel Kadhafi. Pour Mgr Giovanni Martinelli, vicaire apostolique de Tripoli, l'effondrement du régime en Libye permettrait d'envisager l'avenir du pays.

La vie des chrétiens d'Irak aujourd'hui

À propos de l'article

  • Publié par :Samuel Lieven
  • Édité par :Samuel Lieven

Pèlerin. Que vous inspire l’accélération des événements en Libye ?
Mgr Martinelli. La confusion et la violence qui règnent dans les rues de Tripoli me préoccupent. Je suis sans nouvelles directes de ma communauté franciscaine - deux prêtres philippins et un prêtre égyptien - depuis l'entrée des insurgés dans la capitale.

Notre église, par laquelle transitent nombre de migrants africains depuis le début du conflit, a dû fermer ses portes après que des rebelles ont tenté d'y pénétrer par la force. Les frères, qui assurent habituellement un service dans les hôpitaux auprès des infirmières, ne sortent plus. À part un cambriolage sans gravité, nous ne déplorons pour le moment aucun dégât. Mais la situation reste incontrôlable.

Vidéo. Bombardements sur Tripoli : témoignage de Mgr Giovanni. Source : Euronewsfr.

 

La chute de Kadhafi est-elle acquise ?
À ce stade, elle est fort probable. Mais quel en sera le prix ? Alors que les médias occidentaux annonçaient en chœoeur la chute du leader et la victoire des insurgés à Tripoli, la soudaine réapparition à l'écran de son fils Seif Al Islam, que beaucoup croyaient capturé, nous rappelle que le clan Kadhafi est solidement enraciné à Tripoli, où il continue de bénéficier d'importants soutiens.

La capitale libyenne n'est pas une ville facile à contrôler, d'autant que Kadhafi a juré qu'il résisterait jusqu'au bout. De quelles réserves dispose-t-il réellement ? Personne ne le sait. C'est pourquoi, depuis le début de cette guerre, je crains que les Libyens ne fassent les frais d'une violence qui pourrait se prolonger indéfiniment.

L'’effondrement du régime serait-il une bonne nouvelle pour les chrétiens ?
Il signifierait d'abord et avant tout l'arrêt des violences. Il permettrait aussi d'envisager l'avenir pour beaucoup de Libyens, notamment à Tripoli, où la population est psychologiquement conditionnée et redoute de franchir le pas vers autre chose que le système Kadhafi. Quant aux chrétiens, pour la plupart des expatriés d'Europe et d'Asie, beaucoup sont retournés dans leur pays après le début des frappes.

Seuls un nombre important de Philippins - environ 2 500 - sont restés pour travailler dans les hôpitaux, ainsi que les religieuses. Leur courage est exemplaire. Sous Kadhafi, nous bénéficiions d'une réelle liberté religieuse, pour peu que nous informions les autorités de nos activités. J'espère que notre communauté pourra rester à Tripoli.

Y a-t-il un risque islamiste ?
Kadhafi a férocement combattu et réduit les islamistes car ils représentaient une menace pour son pouvoir. Si la menace existe, elle ne peut venir que d'islamistes de l'extérieur, qui ont tout à gagner d'un confit qui s'éternise.

► Mgr Martinelli suit l’'évolution de la situation depuis l’Italie, où il a dû rentrer cet été pour se soigner.
► Sur le site d'ArteTV, retrouvez les principaux événements en Libye depuis le début de la contestation mi-février 2011.

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Paru le 20 septembre 2018

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